Retour en texte et en images sur nos deux jours de randonnée en raquettes jusqu'aux sources de la Romanche dans les Ecrins.
J1 : Gîte de Pont d’Arsine – Refuge de l’Alpe de Villar-d’Arêne
+ 420 m / – 30 m 5 km Refuge de l’Alpe de Villard d’ArêneNous sommes à la fin mars, dans le massif des Écrins. Le gîte du Pont d’Arsine constitue notre point de départ vers les sources de la Romanche.
A 1670 m, la neige est peu abondante et il faut toute l’inventivité de notre guide, Samuel, pour réussir à organiser les exercices de manipulation de DVA. Des exercices qui restent néanmoins indispensables, car notre itinéraire flirte avec des zones potentiellement avalancheuses. Après un pique-nique vite avalé, nous nous mettons en chemin, longeant, en rive droite, le cours de la Romanche. Une bergeronnette grise chasse quelques insectes, entre glace et eau courante.
Un peu plus loin, après avoir zigzagué péniblement entre les patchs de sol nu, par flemme de déchausser les raquettes, nous atteignons enfin un tapis de neige continu. Une hermine blanche nous y surprend. Elle nous observe tout autant que nous l’observons. Survoltée, elle fait des bonds prodigieux et parcourt une distance incroyable en parallèle de notre itinéraire, s'arrêtant quelques fois pour nous surveiller et nous offrant un spectacle extraordinaire.
La laissant à ses occupations, nous poursuivons sur le sentier devenu plus étroit et qui s’élève en balcon au-dessus de la rivière. Le sentier se redresse, j’active les cales de montée de mes raquettes, enlève ma polaire et poursuit sur le sentier qui offre à présent une belle vue sur la cascade du Colombier. Passé un petit bois de mélèze, nous parvenons au pied de la difficulté du jour, un verrou rocheux qui barre la vallée de la Haute Romanche. Concrètement, deux cents mètres de grimpée très raide, en dévers, sur une neige complètement tassée par les passages de skieurs et verglacée par les chauds-froids. Je ne peux que me féliciter de l’excellente accroche de mes raquettes, sans comparaison avec celle que chaussent mes camarades. L’une d’elles perd d’ailleurs brièvement l’équilibre et fait une petite chute. Je passe alors en tête de groupe et utilise le mordant de mes crampons pour “travailler” un peu la surface de la neige et faciliter la progression du groupe.
Le rythme cardiaque s’accélère, les cuisses brûlent mais nous voici rapidement sur le plateau. La vue s’ouvre alors sur le pic de Chamoissière et sa face blanche de neige. Le refuge de l’Alpe de Villar-d’Arêne apparaît enfin, au pied de la montagne, dans un décor presque himalayen de verticalité.
J2 : Refuge de l’Alpe de Villar-d’Arêne – sources de la Romanche et retour
+ 275 m / – 600 m 12 kmLa petite chute de notre camarade laisse apparaître, une fois muscles et articulations refroidis, tous les signes annonciateurs d’une bonne entorse. Nous la laissons donc aux mains attentionnées de Mélanie, la gardienne du refuge, qui prépare son héliportage vers l’hôpital de Briançon.
Le soleil éclatant d’aujourd'hui remplace les stratus d’hier et c’est donc avec une vue parfaitement dégagée sur les sommets que nous reprenons notre progression vers les sources de la Romanche. Avec la perte du couvert nuageux, nous avons également perdu une grosse quinzaine de degrés et nous hâtons le pas pour quitter l’ombre du Pic de Chamoissière. L’itinéraire traverse une zone ponctuée de blocs erratiques et la vue s’ouvre sur l’immense barre des Écrins. La Romanche a disparu sous la neige mais un rapide coup d’œil à la carte topographique nous dévoile leur caractère pluriel. De premières sources naissent du glacier de la Plate des Agneaux tandis que d’autres jaillissent en aval du Clot des Cavales. Et c’est en direction de ces dernières que nous progressons maintenant. La vue sur les sommets est impressionnante et nous savourons l’instant. Il est à présent temps de reprendre l’itinéraire retour, identique à l’aller. Les températures grimpent et la neige se transforme, rendant la progression un peu plus physique. Devant nous, la vallée de Villard d’Arêne et ses pentes dénuées de neige ne laissent aucun doute sur la fin de l’hiver qui approche.
Carnet pratique
Randonnée raquettes aux sources de la Romanche, Quand y aller ?
L’itinéraire est praticable, en raquettes, durant la saison hivernale, en général de décembre à fin mars. Certaines portions étant des terrains très avalancheux, il est indispensable de prendre en compte l’état du manteau neigeux pour programmer cette randonnée.
Comment y aller en transports en commun ?
La gare ferroviaire la plus proche est à Saint Jean de Maurienne. Prévoir depuis là un taxi pour atteindre le point de départ de la randonnée.
L’autre option, à partir de la gare ferroviaire de Grenoble est de prendre la ligne express régionale de bus Zou n°55 jusqu'à Villard d'Arêne. Prévoir un taxi pour les derniers kilomètres.
Avec qui partir ?
Nous sommes partis avec Samuel Bernard, diplômé DE alpinisme accompagnateur en montagne. Programme organisé méticuleusement, attention aux participants et bonne humeur étaient au rendez-vous ! Il propose, outre cet itinéraire, des parcours variés où l’itinérance tient une place remarquable ! Son agence Atarando organise par ailleurs des séjours de randonnée au Japon.
Parcours et difficultés
L’itinéraire ne présente pas de difficulté technique particulière, hormis une montée raide, et en dévers lorsque la neige est compactée. Prévoir des raquettes au profil alpin.
Où dormir ?
Nous avons dormi au refuge de l’Alpe de Villard d’Arêne, un refuge du CAF, de grande capacité, offrant de grands dortoirs, un accueil chaleureux et des possibilités de restauration.
S’approvisionner en eau et nourriture ?
Le refuge propose repas, pique-niques et eau chaude pour les thermos.
Quelles précautions de sécurité et santé ?
Attention au caractère avalancheux de certaines portions. La prise de bulletin météo et avalanche, l’adaptation de son programme à celui-ci et le port des équipements de sécurité (pelle, sonde, DVA) sont indispensables. Situées à plus de 2000 mètres d’altitude, sous l’influence des hauts sommets et glaciers proche, certaines sections de cet itinéraire peuvent être exposées à des froids significatifs. La température nocturne est descendue vers -20°C lors de notre parcours, pourtant fin mars.
Randonnée raquettes aux sources de la Romanche, quel équipement prévoir
Outre l’équipement de sécurité évoqué ci-dessus, prévoir le traditionnel système trois couches. T-shirt thermique, polaire et veste imperméable pour le haut, collant ou pantalon chaud, pantalon imperméable pour le bas. Une bonne paire de chaussettes, des chaussures adaptées à l’hiver, un bon bonnet et des moufles complètent la tenue portée. Dans le fond de sac, une doudoune chaude permettra de passer les pauses au chaud. Une paire de gants et un second bonnet de rechange permettront de rester confortable si les premiers étaient humides. Une bonne paire de raquettes, au profil alpin, comme nos MSR Lightning ascent, permettra de franchir facilement le petit dénivelé.
Avec un chien ?
L’itinéraire, partiellement en Parc National, n'est pas autorisé aux chiens. Il est, par ailleurs, difficile du fait du terrain.
Cartographie ?
Nous avons utilisé l’application IGN rando (WeTrek). Les cartes plastifiées Top25 3435 ETR et Top25 3436 ETR ou papier 3435 ET et 3436 ET couvrent cet itinéraire.
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C’est une très belle sortie raquettes.
Je suis quand même surpris que saint Jean de Maurienne soir indiqué comme gare la plus proche car, en hiver, le col du Galibier est fermé et il est impossible de rejoindre le départ de cette randonnée depuis saint Jean de Maurienne.
Bonjour Jean-Pierre et merci pour votre remarque. Effectivement, en période de fermeture du col du Galibier, il faudra préférer prendre le bus de Grenoble. En vous souhaitant de belles randonnées.