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Sentier des Refuges du Luchonnais

4 jours de rando sur le Sentier des Refuges du Luchonnais qui relie les Vallées d’Oô, du Lis, d’Hospice de France par les refuges d’Espingo, du Maupas et du Vénasque.

Focus Rando :Sentier des Refuges du Luchonnais
4 jours+3100 m/-2864 m31,4 km4
RandonnéeLigneRefuge
MontagneJuillet, Août, Septembre

Télécharger la Trace GPS du Sentier des Refuges du Luchonnais (10 téléchargements)

Au cœur des Pyrénées centrales, entre France et Espagne, les vallées luchonnaises offrent l’un des plus beaux terrains de randonnée de la chaîne. Cette traversée de 4 jours et 3 nuits propose une itinérance alpine engagée, réservée aux randonneurs expérimentés, habitués au portage, aux environnements de haute montagne et aux passages techniques.
J’avais déjà effectué un premier repérage en juin, mais de gros névés barraient le passage ; c’est pourquoi j’ai entrepris à nouveau cette traversée en septembre, sur terrain sec.
Entre lacs suspendus, glaciers résiduels, cirques minéraux et reflets turquoise, l’itinéraire relie trois refuges emblématiques : le Portillon, le Maupas et Vénasque, avant de rejoindre l’historique Hospice de France — point final d’un voyage entre rochers, légendes et paysages inoubliables.

A noter que l'itinéraire est accessible en transport en commun. Train jusqu'à Luchon puis navette Lipy Luchon pour rejoindre le Val d'Astau.

J1 – Des Granges d’Astau au refuge du Portillon

+ 1470 m / – 52 m 9,5 km  Refuge du Portillon

Départ vers 13h depuis les Granges d’Astau (1 130 m), parking accessible depuis Bagnères-de-Luchon. Une marche d’approche facile mène au lac d’Oô par un sentier large et très fréquenté : c’est le deuxième site le plus visité des Pyrénées après Gavarnie. Malgré le sac un peu lourd, l’excitation de l’itinérance prend rapidement le dessus.

L’arrivée au lac d’Oô (1 507 m), dominé par sa cascade impressionnante, est toujours un plaisir. Je poursuis sans m’arrêter en direction du lac d’Espingo, seconde terrasse naturelle de la randonnée où se niche un refuge chaleureux.

À Espingo, un replat offre une courte pause avant d’attaquer la montée finale vers le Portillon. Après quelques lacets, le décor devient nettement plus minéral : l’herbe disparaît au profit de rochers et de blocs. Nous sommes désormais en haute montagne. La montée est soutenue mais régulière, et l’apparition du refuge, perché à droite du barrage du lac du Portillon, motive les derniers efforts.

Situé à 2 576 m, au bord du lac, le refuge du Portillon est un lieu à part : ambiance alpine, vues grandioses, accueil montagnard. Régis, le gardien, s’affaire déjà à répartir les randonneurs dans les dortoirs. Le refuge affiche complet : un glaciologue, Pierre Renée, vient présenter l’état des glaciers pyrénéens. Il propose même le lendemain une visite du dernier glacier de Haute-Garonne, le Seil de la Baque. C’est un petit détour sur mon itinéraire, mais j’accepte volontiers.

J2 – Du refuge Portillon au refuge du Maupas

Par le glacier du Seil de la Baque et le col inférieur de Litérole

+ 549 m / – 691 m 5,6 km  Refuge du Maupas

Départ matinal avec une dizaine de randonneurs motivés. Après avoir franchi le barrage, nous progressons vers le glacier du Seil de la Baque visible au loin. Le terrain est alpestre dès les premiers mètres : rochers, blocs, névés selon la saison, et un vent frais qui renforce l’ambiance.

Nous remontons le cirque au-dessus du lac du Portillon, sous les 3 000 mythiques du Luchonnais, jusqu’au pied du glacier du Seil de la Baque, vestige des anciens glaciers pyrénéens. Nous chaussons les crampons et le glaciologue nous explique la dynamique et l’histoire de cette langue glacée. Une pause café, inattendue mais bienvenue, redonne de l’énergie.

Je reprends ensuite la route seul tandis que le groupe retourne au refuge. Le décor est minéral, puissant, brut. Les lacs scintillent en contrebas et les parois granitiques encadrent la montée. Après quelques passages raides, le sentier atteint le col inférieur de Litérole (2 983 m), point culminant de la traversée. Le panorama, ouvert sur les versants français et espagnol, efface la fatigue.

Je suis ensuite les cairns pour rejoindre le col menant au refuge du Maupas. La descente demande attention et concentration : certains passages sont instables ou partiellement enneigés. Plus bas, le sentier devient plus régulier et mène au refuge du Maupas, accroché à flanc de montagne au-dessus d’un lac sombre dominé par les parois du massif.

Je connais bien ce refuge à l’ambiance authentique — voire rustique. Les toilettes extérieures offrent la plus belle vue des Pyrénées. L’accueil de Nathalie, la gardienne, et de son chat est chaleureux, et les repas généreux. Le soir, un concert au casque animé par des jeunes de la vallée crée une ambiance festive mais respectueuse. À 23h, direction le dortoir unique de 30 places pour une dernière nuit en altitude.
Refuge du Maupas, Sentier des refuges du Luchonnais

J3 – Du refuge Maupas au refuge de Vénasque

Par les lacs Bleus, Charles & Célinda, le cirque de la Glère et le lac de la Montagnette

+ 1082 m / – 1252 m 12 km  Refuge de Vénasque

C’est l’étape la plus longue, mais aussi l’une des plus belles. Départ tôt : la journée est dense et le terrain varié. On descend d’une centaine de mètres en passant sous les conduites forcées EDF avant de rejoindre le sentier en balcon menant au lac Bleu. Une passerelle suspendue permet d’apercevoir en contrebas le lac Vert, reconnaissable à sa presqu’île.

Lac Vert, Sentier des refuges du Luchonnais
Après une petite vire rocheuse, impressionnante mais peu dangereuse, j’atteins le lac Charles (anciennement lac des Grauès). Le sentier en balcon est superbe, avec vue sur la plaine au nord et le Grand Hôtel de Superbagnères. Au lac de Célinda, je fais une pause pour repérer le passage suivant, peu évident selon la saison. En début d’été, un large névé nécessite attention pour éviter toute glissade.

J’atteins sans difficulté le col de Corona, puis le col de Sacroux, d’où l’on plonge vers le cirque de la Glère, ancien lieu de passage des pèlerins rejoignant l’Hospice de Joueou au Moyen Âge.

Dans le bas du cirque, une raide remontée le long d’un ruisseau conduit au lac de Maille, partiellement séparé en deux à cette époque de l’année. Je poursuis ensuite vers le lac de la Montagnette, magnifique lac doté d’une petite île, donnant parfois l’impression d’être en déversoir.

Au-dessus de moi se dresse le célèbre pic de Sauvegarde. Depuis le col de la Montagnette, j’aperçois deux alpinistes engagés sur l’arête ouest. Du col, la vue sur le refuge de Vénasque et sur les trois lacs glaciaires du cirque — dont le lac du Boum — est spectaculaire. La descente, balisée en bleu, mène en douceur au refuge de Vénasque (2 244 m).

Les Booms du Venasque et son refuge, Sentier des refuges du Luchonnais
Le refuge, flambant neuf, offre un confort rare en altitude. La salle à manger spacieuse et conviviale est idéale pour savourer une bière pression de la brasserie locale de Luchon. Le corps se relâche en sachant que la dernière étape sera intégralement en descente.

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J4 – Du refuge de Venasque à l’Hospice de France

+ 0 m / – 866 m 4,3 km  Auberge de l'Hospice de France

Dernier réveil au milieu des montagnes. Le soleil apparaît derrière le pic de Sauvegarde tandis que des voiles de brume flottent encore dans les vallons. Après le petit-déjeuner et un dernier regard sur les lacs, je salue Clara, la gardienne, avant d’entamer la descente.

Le sentier est bien marqué mais très abîmé par les nombreux raccourcis empruntés par les randonneurs. C’est regrettable. Jadis, on pouvait même monter ici à cheval — chose aujourd’hui impensable. La vue reste splendide : au loin le plateau de Campsaure, et autour de moi les silhouettes caractéristiques du Bec de Corbeau et du pic de la Pique.

La descente se déroule au gré des rencontres et des discussions avec les randonneurs qui montent, haletants, vers le refuge. L’arrivée à l’Hospice de France (1 380 m), magnifique bâtiment restauré qui servit pendant des siècles de refuge aux voyageurs, marque la fin de cette merveilleuse itinérance. Je m’accorde une collation en contemplant les lacets que je viens de descendre et en repensant aux étapes franchies, nostalgique mais heureux.

Epilogue

Cette traversée de 4 jours entre les Granges d’Astau et l’Hospice de France est sans doute l’une des plus belles itinérances de la vallée de Luchon : trois refuges exceptionnels, des paysages puissants, une ambiance de haute montagne et des passages alpins engagés.

Elle demande toutefois expérience, préparation, équipement adapté, consultation attentive de la météo et connaissance de ses limites. Mais pour celles et ceux qui s’y aventurent avec prudence, c’est un voyage inoubliable au cœur du massif du Luchonnais : sommets prestigieux, héritage pastoral et pure beauté.

Une traversée exigeante… et inoubliable.

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Anto31
Accompagnateur en montagne dans les Pyrénées, j’encadre régulièrement des itinérances de 2 à 3 jours en autonomie complète dans les hautes vallées du Luchonnais, avec nuits en bivouac, en cabane ou en refuge.Ces sorties se déroulent sur des terrains variés – piémont, moyenne et haute montagne – et dans des conditions parfois engagées (portage, météo changeante, autonomie).Ce cadre me permet de tester le matériel outdoor dans des situations réelles d’itinérance : randonnée sur plusieurs jours, bivouac, gestion du poids et de la durabilité du matériel sur le terrain.

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