Achnashellach, le départ

Destination : Europe » Ecosse | Montagne : Highlands | Activité : Randonnée  | 


Achnashellach-Bivouac avant Kinlochewe - Highlands : rando willderness
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Au final le lit est confortable mais la nuit est écourtée par la lumière et les nouveaux ronflements matinaux. La grande organisation peut débuter. La dernière douche avant une semaine est de bonne augure. Le dortoir est étroit; ce qui rend les préparatifs de sacs un peu laborieux. Nous répartissons le matériel commun de façon à optimiser le volume, répartir les masses, et surtout faire en sorte que tout puisse entrer. Nous allons prendre un bon breakfast puis pressons le pas pour faire des achats de nourriture pour déjeuner. Nous récupérons les sacs chargés à bloc, laissés à l’hôtel, puis allons à la gare. Tout est concentré dans un petit périmètre. Quai numéro 15, direction Achnashellach. A 11h tapante, le train démarre en direction du nord. L’aventure commence. Le paysage se vallonne. Moutons et chevaux paissent les prairies, les canards se baignent dans les cours d’eau. Le relief se resserre. Au bout d’une heure les collines pelées s’étirent et se rapprochent. Nous roulons au milieu de terres brunies. Les forets disparaissent, et les lochs qui se multiplient reflètent le relief boursouflé. Des rivières s’écoulent en sillons le long de tourbes spongieuses. Les premiers névés forment des taches blanches sur les versants. Voici Achnashellach: le train s’arrête à la gare. Pas de hall, pas de guichet, pas de toilette. Seulement un petit abri avec un banc, et un panneau signalant l’arrêt.

Nous mangeons les barquettes de pates achetées au supermarché d’Inverness puis mettons les sacs sur le dos, avec l’envie de débuter la marche. Bonne nouvelle, le temps est exceptionnellement beau, ce qui confirme la météo d’hier. Mauvaise nouvelle, le temps est exceptionnellement beau, et tout le matériel contre les humeurs du climat sont tassés dans les sacs, et portés sur nos épaules. La randonnée est ouverte. On attaque par un chemin de pierre qui grimpe dans un milieu pelé. Le sentier longe une rivière qui s’étire sur un fond clair et photogénique. Le décors bucolique évoque des grands espaces Canadiens plantés de pins. On s’élève jusqu’à un col, à 400 mètres d’altitude, qui embrasse une vue lointaine sur les collines et les vallées qui nous attendent. Nous sommes déjà bien perdus et esseulés malgré la présence de deux ou trois randonneurs. Le soleil chauffe, les épaules aussi. Un petit pont de bois enjambe un torrent d’où coulent de belles cascades. Un arrêt s’impose sur ce site reposant et apaisant. Nous sommes venus chercher une nature vierge; nous y voici déjà plongés. Une petite cabane au toit vert abrite du matériel de forestiers. L’eau qui s’écoule perpétuellement, le minéral, les arbres et le bois mort figé donnent une atmosphère de grands parcs californiens. Un ours ne pourrait-il pas surgir derrière ce vallon?

Le chemin rejoint une piste de 4*4 qui longe une ligne de niveau . Nous avançons rapidement sur ce tronçon. Dans une large vallée où coule une nouvelle rivière, nous faisons une ultime pause, étudions les cartes afin de planifier une zone de bivouac. Encore une colline à gravir pour atteindre un plateau au dessus d’une foret. Nous nous séparons afin de trouver un sentier qui se perd entre les arbres. Nous suivons un semblant de trace qui se dessine et gardons le cap à l’orientation. Le temps est sec, et heureusement car la montée est humide. Un pas mal ajusté et chploufff….mon pied s’enfonce dans une boue noire jusqu’au mollet. Le plateau s’avère impraticable pour planter les tentes car bosselé, venteux et très humide. Il faut poursuivre, enjamber des clôtures qui délimitent une grande plantation forestière. Nous dévalons une zone déboisée, au milieu des souches et des touffes spongieuses. Vincent suit la piste et nous rejoint au pied de la plantation, le long d’un cours d’eau.

La journée commence à être longue d’autant que le terrain est parfois difficile. Les jambes deviennent lourdes et les épaules douloureuses. Le sol est toujours impraticable, trop humide pour installer notre bivouac. C’est un peu plus loin, au bord de la rivière, sur une bande d’herbe verte que nous trouvons une zone praticable, après 6 heures de marche en terrain difficile. Il est 19 heures passé, et il fait encore bien jour. La température est inespérée. Des sommets nous entourent, la rivière nous berce. Du bois sec en grande quantité, le feu est déjà allumé, à peine les tentes montées. Une journée intense et condensée pour un bivouac tel qu’on l’imaginait, dans un cadre superbe. Les réchauds fonctionnent à plein gaz pour faire bouillir l’eau de la rivière et réhydrater nos sachets de nourriture lyophilisée. Lorsque la nuit tombera, nous ne tarderons pas à gagner nos matelas pour récupérer des efforts de la journée.

tieri24
A propos de l'auteur

Enseignant en sciences physiques, je profite de mon temps libre pour m'envoler vers de nouvelles destinations...Amoureux de voyages, passionnés par les rencontres, mon sac à dos n'est jamais bien loin...  ...



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