Ascu Stagnu – Carrozzu

Destination : France » Corse | Activité : Randonnée  | 


Ascu Stagnu - Carrozzu - GR20 nord
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Étape 7 – Mardi 19 septembre : Ascu Stagnu – Carrozzu.

En faisant le moins de bruit possible, je quitte la chambre que je partageais avec mes bretons pour entamer l’étape qui me mènera à Carrozzu.

Je suis en retard sur mes prévisions d’horaires car j’ai voulu profiter du vrai lit que m’offrait Ascu Stagnu un peu plus longtemps. Je ne serai donc pas le premier à passer ce matin au lac de la Muvrella, et j’amenuise donc mes chances d’apercevoir des mouflons s’abreuver au bord de ce petit lac d’altitude. J’abandonne Pierre-Yves et Christelle qui font un jour de break et entame une ascension qui promet d’être corsée.

La pente est rude et les 600 mètres de dénivelé à avaler en petit déjeuner ne sont pas bien balisés dans mon sens, je ferai donc plusieurs fois de l’ATT (A Travers Tout) et me contraindrai donc à de petites partie de mini escalade. La descente passe par le lac de la Muvrella (sans mouflons) et propose ensuite des parties très techniques… trop techniques en fait ! Les dalles glissantes ont eu raison de mon équilibre et pour la première fois du séjour, je me suis fait mal en tombant (la hanche).

La douleur ne dure pas mais la confiance en prend un coup, d’autant que la suite du parcours est toujours aussi pénible dans sa composition, on ne parle plus de sentiers depuis quelques jours. La fin de la descente est équipée de câbles et de mains courantes, à raison. La difficulté du parcours est accrue par l’inattention provoquée par la beauté du paysage. Des torrents et des chutes d’eau se rejoignent pour former une rivière qui passera bientôt sous la passerelle de Spasimata (célèbre depuis le film "Les Randonneurs"). En la traversant, je sais que Carrozzu est proche mais je ne prends pas le temps de flâner, en me dépêchant, je peux réserver ma nuit et revenir me baigner avant que le soleil ne disparaisse.

J’arrive essoufflé au refuge, réserve ma nuit, pose mon sac et file à la rivière. Première véritable baignade depuis mon départ malgré une eau glaciale; j’en profite également pour me faire une pseudo lessive dans la rivière (sans produit évidemment). Pendant que mes habits sèchent un quatuor de nordistes me rejoindras pour la baignade, ils en sont à leur deuxième et jour et forment une belle bande, en compagnie d’autres que je rencontrerai au refuge, ils se sont tous rencontrés sur le parcours. L’ambiance au refuge sera donc excellente ce soir malgré la piètre qualité du menu : riz sauce tomate sans sauce tomate, soupe corse très moyenne et cake à la châtaigne sans goût. Je fais la rencontre d’une compatriote de Wavre, avec qui j’avais failli partir depuis Bruxelles. Je donne mes lyophilisés, qui ne m’auront servi à rien, à deux petits bretons (décidément) car le refuge d’Ortu di u Piobbu à la meilleure réputation du parcours, autant s’alléger tant que possible. Pas de réseau ici, l’envoi du MMS quotidien est postposé à demain midi, sur la crête qui domine le refuge. Impatient, je m’arme de mon appareil photo et j’attends le coucher de soleil car pour la première fois, le refuge est orienté vers l’ouest et la baie de Calvi, le spectacle devrait en valoir la peine. Clic, clac, photo et au lit ! Je commence à être malade et je dois garder toute mes forces, d’autant que la nuit ne sera pas facile car le refuge est bien rempli et les lits sont semblables à des clapiers…


Un adjuvant moral essentiel : vos SMS !!!
Un des meilleurs moment de la journée sur mon parcours, c’était la mise en route de mon GSM. Le réseau n’est pas présent sur tout le parcours et certains jours il fallait faire le singe pour recevoir les SMS que je recevais depuis la Belgique (et la Corse), mais le réconfort que ceux-ci me procuraient valait tous les efforts. Domenico, Émilie, Philippe, David, Laurent, Audrey, Bernard, Rodgers, Petru, Loucious, Myriam, Cindy, Solange, Maman, Tristan et tous ceux que j’oublie: MERCI ! Merci à tous ceux aussi qui m’ont suivi sans pour autant m’envoyer de message. Vous avez contribué à ma réussite et vous m’avez parfois ému. Le fait de savoir que mes messages quotidiens étaient lus me dopait le moral. L’un de vous m’a dit qu’il était un petit peu jaloux de mon aventure, je l’invite à me rejoindre pour le Sud cet été… 😉
Savez vous qu’il y a même une timbrée qui montait ses escaliers plusieurs fois en pensant à moi ?

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