Camp 2 – Camp 3

Destination : Népal » Asie | Montagne : Himalaya | Activité : Alpinisme  | 


Camp 2 - Camp 3 - Ascension du Makalu
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Jeudi 13 mai : montée au camp 2 pour une tentative de sommet

notre position GPS : N27°54m47s E87°04m01s

C’est après une nouvelle puja, cérémonie destinée à nous porter chance pour la réussite de cette ascension vers le sommet du Makalu, que nous reprenons pied sur l’impressionnant dédale de caillasses sur la moraine du glacier Chago, au beau milieu des pénitents de glace. Nous commençons par connaître ce terrain que nous avons déjà pratiqué cinq fois durant nos précédents séjours d’acclimatation en altitude. Il fait beau et nous sommes assez sereins sur les prévisions météo, que nous avons du mal à obtenir de façon précise toutefois (différentes sources pas toujours en corrélation).

Cette fois, suffisamment acclimatés, nous montons directement au camp 2 à 6800 mètres d’altitude, pour y passer la nuit. Une longue montée de 1100 m qui marque les esprits et les organismes.
La nuit est difficile pour certains, mais nous nous forçons à penser à cette fameuse montée au camp 3 (Makalu La), qui sera le passage obligé pour croire au sommet. Cette étape est la plus grosse difficulté technique de l’expédition, avec une pente raide sur l’ensemble de l’itinéraire, et des passages rocheux à franchir le long de cordes fixes, le tout entre 6800 m et 7400 m d’altitude.

Vendredi 14 mai : montée au Makalu La (camp 3) puis redescente au camp 2

notre position GPS : N27°54m47s E87°04m01s

Nous y sommes ! La montée au Makalu La, redoutée de tous…
Nous nous préparons lentement dès que le soleil tape sur nos tentes, histoire de ne pas avoir trop froid dans notre phase de préparation qui peut durer de très longues minutes, voire plus d’une heure. Il faut se préparer un petit déjeuner avec les réchauds d’altitude dont nous disposons (thé, café,..) en essayant de manger quelque chose de consistant avant la longue journée qui nous attend.
C’est parti pour de longues heures de marche et d’escalade lentes, avec une progression variant entre 90 m/h et 160 m/h selon nos possibilités et notre acclimatation, et ceci avec un sac à dos lourds puisque nous devons porter tout ce qu’il nous faut pour les trois prochaines nuits que nous devrons passer plus haut.

C’est dur, très dur, nous avons l’impression de devoir déployer une énergie considérable pour simplement mettre un pied devant l’autre.

On nous a promis une météo correcte et optimiste avec pas plus de 50 km/h de vent à 7000 m mais il n’en est rien. Nous nous trouvons soudain dans la grande pente de neige qui sépare les deux sections rocheuses, à environ 7100 m d’altitude, avec du vent en rafales de l’ordre de 70 km/h. Alexia et Sandrine se trouvaient alors bien au-dessus au col (Makalu La, 7500m), et là elles connaissent du vent plus fort de l’ordre de 80 à 90 km/h, où nous sommes censés passer la nuit et donc installer les tentes nécessaires pour le groupe avec les sherpas. Il est alors inimaginable de penser rester ici, sans même pouvoir tenir debout en ce lieu hostile, et après plusieurs minutes de négociations avec Chhiring, qui se trouve alors là avec ses sherpas, Sandrine décide de faire chemin inverse en prévenant petit-à-petit tous les autres membres qui se trouvent encore dans le montée sous le col.

C’est avec regret et amertume que tout le monde redescend au camp 2 pour y passer une seconde nuit, en pensant bien entendu à cet échec relatif, d’autant plus que la fenêtre météo pouvait s’y prêter. Ce ne sera pas encore pour cette fois… nous disons-nous. Décidément, la météo est capricieuse et ne nous rend pas la tâche facile. Il faut se résigner à redescendre et penser désormais à une prochaine hypothétique période favorable.