Erg Amatlich

Destination : Mauritanie » Algérie » Afrique | Montagne : Sahara | Activité : Randonnée  | Agence : Point Afrique 


Carnet d'une randonnée chamelière d'une semaine dans l'erg Amatlich situé au sud ouest d'Atar. "Le monde est une rose, respire-la et passe-la à ton ami" dit un proverbe arabe : je n'avais pas encore exploré toutes les subtilités et les fragrances de la rose mauritanienne, faite de sables et de vent. Il me fallait donc retourner dans ce pays pour pouvoir enfin la passer à mes amis.
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Carnet : Erg Amatlich

Dimanche 15 janvier 2006, 4h25 Orly Sud, porte F. Les yeux un peu bouffis, le coeur qui bat au tempo de l’impatience, je regarde les gens qui attendent au comptoir de Point Afrique. Qui seront mes compagnons de voyage ? Ce jeune couple un peu paumé ? Cette bande de copines quinquagénaires ? Ce p’tit jeune tout seul lui aussi ? Combien serons-nous ? Questions que je me pose alors que c’est la première fois que je pars seule en circuit. Même si la perspective d’avoir Cheikh comme guide me rassure.
Enregistrement du bagage…pari tenu, mon sac fait moins des 13 kg réglementaires. Trois hommes en fauteuil roulant ont du mal à obtenir le fauteuil spécial, plus étroit, nécessaire pour entrer dans l’avion. Nous embarquons finalement avec 3/4 d’heure de retard.
Dans l’avion, place hublot…place de choix pour un survol de l’Atlas de toute beauté, un champ de pics enneigés sous un soleil encourageant. La chance m’accompagne : mes voisins sont très sympathiques. Un couple de quinquagénaires qui a déjà l’expérience du désert, mais jamais en Mauritanie. Ils me décrivent le massif de l’Atlas qu’ils ont parcouru en ski de randonnée, je leur raconte mon premier voyage en Mauritanie.

Voyage sans histoire, un peu douloureux du fait d’un début de bronchite. Et hop un décollage (merci de faire passer 10 personnes à l’arrière pour rétablir le centrage de l’avion !), un atterrissage à Marseille, un petit supplément de passagers et de carburant, changement de personnel de cabine, un nouveau décollage, et enfin l’atterrissage final sous la brume et le ciel voilé d’Atar.
L’accueil semble un peu mieux organisé que l’année dernière, même si l’attente pour se faire "viser" le passeport est un peu longue. Pas moins de 4 hommes, à l’agitation toute africaine, pour apposer le tampon, mettre la date, coller les timbres et dire "bon séjour". Une grande partie des bagages a été rangée le long du mur, histoire de ne pas cuchonner autour d’un tapis roulant un peu fatigué. Mon sac récupéré, je vise la sortie. Cheikh est là, à moins de 5 mètres de la porte. Retrouvailles émues, à la mauritanienne : poignée de main franche et accolade de chaque côté du front. Il me mène ensuite à un couple qui fait partie aussi du circuit, puis nous dirige vers les 4×4 où je retrouve Ahmed avec joie. Je fais alors connaissance avec Grégory et Johanne, en attendant les 5 autres personnes qui complètent le groupe. Arriveront ensuite Caroline et son père, Jean. Puis Pierre et enfin, après de longues minutes, Marie-Hélène et Dominique.
Tout le monde est là. Nous pouvons alors rejoindre une auberge d’Atar où nous est servi le déjeuner. Premier repas à la mauritanienne, déchaussés, assis en tailleur sur des coussins autour de la "table" dressée à même le sol. Un peu fatigués par le voyage et pas encore très à l’aise, nous ne parlons pas beaucoup. Et nous ne parlerons guère plus lors de l’heure de route qui nous mène au premier lieu de bivouac.

Lemdeina est une auberge au milieu des dunes, ouverte au début de la saison. Deux bâtiments en dur, en guise de salle à manger une kaima éclairée au néon grâce à des panneaux solaires et quatre petites chambres huttes. Première répartition par Cheikh des zones de couchage et comme il manque une hutte, une petite kaima sera dressée spécialement pour moi !

Je suis invitée avec Pierre à boire le thé à l’abri d’un acacia avec Cheikh et les chameliers : Sidi, souriant et joyeux, Mohammed tout jeunot (20 ans et premier circuit !) et Mbarek, plus âgé et plus discret.
Dîner et découverte d’une confiserie alsacienne (à base de fruits secs macérés, de figue et de gomme arabique) apportée par Jean dont on découvre qu’il est pâtissier…et alsacien. Le coucher de soleil sur les dunes avoisinantes conclue cette longue journée de la plus belle manière. Pas de doute, cette fois nous y sommes.

huit − six =