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La Traversée du plateau du Tassili des Ajjers

La Traversée du plateau du Tassili des Ajjers par les sites rupestres de Séfar et Idjabaren, connus depuis les travaux d'Henri Lhote. Un voyage époustouflant !

Focus Rando :La Traversée du plateau du Tassili des Ajjers
6 jours89,3 km3
RandonnéeLigneBivouac
DésertJanvier, Février, Mars, Avril, Octobre, Novembre, Décembre

Le Tassili n’Ajjer est l’une des plus belles régions d’Algérie, tout au sud et loin de tout. Ce plateau situé à quelque 1 700 m, je l’ai arpenté d’un bivouac à l’autre pendant 6 jours avec Abaraka Explore, un voyagiste algérien. J’y ai trouvé non seulement des décors fabuleux, mais aussi quantité de peintures rupestres. Réalisées voici des milliers d’années, il y en a tant et plus sur le Tassili n'Ajjer. Chaque jour, j’en ai vu des dizaines. Incroyable !

Le sud algérien devient l’un de mes terrains de jeu préférés. J’avais adoré l’an passé ma randonnée dans le Hoggar, déjà avec Abaraka Explore. Cette fois, j’ai jeté mon dévolu sur le Tassili n’Ajjer, toujours dans le Sahara mais plus à l’est, aux confins de la Libye. Et je n’ai pas été déçu, bien au contraire. Dans cette région inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, protégée par le parc national du Tassili n’Ajjer, chaque jour qui se lève est promesse de divines surprises, de panoramas extraordinaires.

L’occasion, aussi, d’admirer des peintures rupestres vieilles de plusieurs milliers d’années. Des quantités : jamais, je n’en ai vu autant dans une même région. Ces peintures ont été une véritable révélation pour l’explorateur français Henri Lhote, dans les années 1930. Ce n’est pas lui qui les a découvertes, mais il s’en est fait le chantre en même temps que le décrypteur. On lui doit nombre de publications, à partir de 1953. Celles-ci font notamment comprendre que le Sahara n’a pas toujours été un « désert vide » ». Dans un très lointain passé, c’était même une région verdoyante où plusieurs civilisations se sont côtoyées. De grands animaux tels l’éléphant, la girafe et le lion y vivaient alors. Ce que l’on ignorait jusque-là.

J1 : L’acrobatique montée sur le plateau des Ajjers

+ 759 m / – 302 m 17,5 km

Le ton est donné dès les premières heures de marche : le spectacle est prodigieux. Aucun risque de s’ennuyer durant ces six jours de randonnée sur le Tassili n’Ajjer ! Le décor se métamorphose maintes fois dans la journée. Souvent sans crier gare, lorsque l’on s’y attend le moins. L’ocre de la pierre qui sera mon univers pendant une semaine varie à chaque pas ou presque, se décline sur une palette infinie. De quoi me faire oublier la nuit trop courte. La faute en incombe aux horaires des liaisons aériennes avec ce coin du Sahara qui m’ont fait atterrir au milieu de la nuit.

Heureusement que les choses débutent en douceur dans ce panorama déjà enthousiasmant. Pourtant, il y a du relief. Pas trop, mais le sentier rocailleux grimpe de manière décidée. Il s’élève vers de hautes colonnes de grès dès que l’on quitte le lit de l’oued, là où les 4×4 nous ont déposés cette nuit en arrivant de l’aéroport. On franchit un premier petit col pour débarquer sur un grand replat. Ce n’est encore que le milieu de matinée, et il fait déjà bien chaud.
Trek sur le tassili des Ajjers

On s’enfonce dans un canyon qui zigzague entre les hautes falaises. Il ne semble pas très long mais… n’en finit plus. Plusieurs fois, je crois tomber dans un cul-de-sac. Non : le canyon fait un coude et se poursuit. Jusqu’à un énorme éboulis de rochers entassés les uns sur les autres, un véritable mur de pierre. Pas très large, quelques mètres tout au plus, mais il s’élève presque à la verticale ! Et c’est notre route, l’un des accès au Tassilli, le défilé de Wanesqie…

Une ascension impressionnante. Et pourtant, plus facile qu’il n’y paraît. Il faut certes s’aider en permanence des deux mains pour se hisser vers le haut. Mais la progression est assez rapide. Surtout, beaucoup moins fatigante que je ne l’aurais cru, d’autant que le couloir est plongé dans l’ombre. Notre petit groupe s’élève ainsi de plusieurs centaines de mètres -5 ou 600 m- en ligne droite, en deux ou trois paliers successifs. Jamais je n’avais encore fait une telle ascension, aussi raide et aussi longue ! A l’arrivée, en haut, on est plutôt contents de nous : nous voici sur le Tassili.

Pour autant, il y a encore du chemin à faire jusqu’à Tamrit, notre bivouac ce soir. Tout au long de l’après-midi vont se succéder différents paysages. Une vaste et morne plaine caillouteuse pour commencer. Puis une large faille qui ouvre sur une longue vallée verdoyante. Juste devant nous trône un énorme cyprès. Sous les saillies rocheuses qui flanquent l’oued se laissent découvrir de magnifiques peintures rupestres. Ce sont les premières, il y en aura beaucoup, beaucoup d’autres dans le Tassili n’Ajjer. Celles-ci, à Tin Tazarift, représentent des antilopes, graciles et bondissantes, ainsi que des « têtes rondes », les humains.

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J2 : jusqu’à Séfar

16,6 km

Le lendemain matin, je ne fais pas 100 m avec mon sac sur le dos que nous tombons, non pas sur des peintures, mais sur une belle gravure. Elle se trouve à même le sol. Burinée dans la roche, plutôt grande, cette gravure représente un éléphant. Les contours en sont encore très nets, alors qu’elle date d’environ 10 000 ans ! Les proportions de l’animal sont parfaites, les lignes à la fois enlevées et suggestives : une véritable œuvre d’art.

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Aujourd’hui, la rando sur le Tassili n’Ajjer continue à nous mener plein Est. Au loin se profile une chaîne montagneuse, l’Akakus. Elle se trouve en Libye, de l’autre coté de la frontière, qui n’est d’ailleurs plus très loin. Sans doute une vingtaine de km seulement. Pour l’heure, nous avançons sur une vaste et plate étendue de roche, seulement hérissée de gros cailloux çà et là. Devant un tel spectacle, j’ai toujours la même réaction : c’est parti pour un long moment d’ennui. Eh bien non, pas du tout. Car le décor change toujours très vite, en tout cas beaucoup plus que je ne m’y attends. Brusquement, nous voici devant une faille que rien n’annonçait. Au beau milieu, un grand arbre, un cyprès. Sous nos pieds, un oued -une rivière, maintenant à sec- verdoyant, et, dans un coude, une guelta -un petit étang bordé d’arbustes. Le trek reprend dans un dédale rocheux, où j’ai bien du mal à me repérer.

En fin de matinée, arrivée à Séfar, l’un des hauts lieux de ce trek dans le Tassili n’Ajjer. Un endroit magique. Devant tant de beauté rassemblée, le Français Henri Lhote, un grand explorateur et ethnologue du XXe, a trouvé ici sa vocation. Car, il y a là des milliers et des milliers de peintures rupestres ! Entre 15 et 20 000 sans doute, personne n’a réussi à en faire un décompte précis. L’endroit est d’autant plus saisissant que la taille et la disposition de Séfar font penser à une petite ville, avec comme des rues parallèles se coupant à angles droits. Ce ne sont, bien sûr, que fantaisies voulues par l’érosion. Mais les nombreuses grottes et cavernes dont elles regorgent ont toutes été habitées au fil des millénaires.

Ces peintures rupestres sont d’autant plus intéressantes qu’elles couvrent une large frange de l’histoire de l’Humanité. Au moins 10 000 ans, depuis le Néolithique jusqu'à sans doute les premiers siècles de notre ère. Ainsi toutes les périodes et les différents styles de peintures sont représentés à Séfar. Il y en a sur chaque bout de roche, dirait-on. Les peintures sont tellement nombreuses que parfois elles se superposent, se chevauchent en un étourdissant et éblouissant tourbillon : animaux, scènes de chasse, de vie familiale… Des tableaux que je trouve très émouvants en pensant à leurs auteurs, soucieux de laisser trace de leur monde, de leur quotidien.

J3 : De Séfar à Tissouar

12,3 km

Cette ancienne cité troglodyte de Séfar est d’une telle importance qu’elle mérite bien une autre demi-journée de visite. Henri Lhote, lui, a bien séjourné trois années entières ici, dans le Tassili n’Ajjer ! Donc, après le Séfar « blanc », hier après-midi, voici le Séfar « noir » sur une autre partie du site. Les peintures sont à peu près identiques, s’étalent de la même manière sur plusieurs milliers d’années. Simplement, ici les pigments utilisés proviennent de roches plus sombres et donc les dessins sont plus sombres aussi. Mais c’est la même émotion qui m’étreint devant ces témoignages. Évidemment, à force d’en voir autant, l’intérêt s’émousse au fur et à mesure. Mais l’œil se fait aussi plus exercé, décèle de nouvelles subtilités. Tout cela fait que je n’arrive pas à m’en lasser.

A partir de Séfar, cap au sud. Le trek dans le Tassili n’Ajjer se poursuit sur la — maintenant — habituelle succession de dédales rocheux, de plateaux franchement désertiques. En cheminant, parfois l’esprit vagabonde, s’évade. Et parfois, en fait même très souvent, les formes torturées des pierres aimantent instantanément le regard. Plus d’une fois, je me dis pour moi-même : quel spectacle, qu’est-ce que c’est beau ! Surtout au fur et à mesure que la journée avance, que la lumière se fait plus douce. Ainsi dans cet immense chaos rocheux qu’est Tirasoutine. Il y a là de grandes colonnes de pierre qui se dressent tels de gigantesques doigts pointant vers le ciel. Et d’autres, plus larges, comme des pans de murs d’une cité dispersée par le vent.

En fin d’après-midi, séance de crapahutage. Oh, ni très longue ni très difficile. Et, elle en vaut largement la peine. Sur l’autre versant se laisse découvrir Tissouar. Un vaste amphithéâtre de sable blond qui descend en pente douce, ceinturée par de hautes falaises. Une vraie carte postale, un décor de film : ce sera le lieu de notre bivouac d’aujourd’hui !

J4 : Jusqu’à Alag n’Demen

10,9 km

De cet endroit idyllique, on repart comme on y était entré. Par un éboulis rocheux qui demande un peu d’exercice. Juste avant d’y parvenir, l’un des randonneurs aperçoit un serpent dans le sable. Assez rapide, celui-ci n’a l’air de rien : pas très long, 40 ou 50 cm tout au plus, pas très épais non plus, d’une couleur sable plutôt passe-partout. Pourtant, il vaut mieux ne pas l’approcher de trop près. Car c’est une vipère à cornes, très venimeuse ! Une rencontre sans conséquence, ni pour l’un, ni pour l’autre, que le reste de la troupe ne soupçonne même pas.

Très vite, dans la plaine de Tin Kanin, sur les rochers au bord d’un oued desséché, de nouvelles gravures rupestres. Visiblement, elles datent de plusieurs époques différentes. Dans le lot, certaines semblent plus « récentes » que d’autres. A côté de la représentation de nombreux animaux, dont des girafes, voici en effet des femmes qui ont la particularité d’être revêtues de tuniques. C’est nouveau pour nous, on discerne très nettement les vêtements. Juste devant les gravures, de gros rochers avec des cupules sur le dessus. Sans doute destinées à y broyer les pigments nécessaires aux peintures.

Dans un autre oued, Alag n’Demen, voici un cyprès d’une taille impressionnante, visiblement vieux de plusieurs siècles. Il porte le numéro 24, peint sur son tronc par l’explorateur Henri Lhote, qui a aussi répertorié ce genre de richesses. Là, dessus, nous arrivons peu de temps après à notre lieu de pique-nique. Pour des raisons de logistique, ce sera aussi notre bivouac.

L’après-midi, courte promenade dans les alentours. Là encore, nombre de peintures et gravures rupestres près de ce site qui porte le nom que l’oued, Alag n’Demen. Dont encore un immense éléphant, tracé au sol, plutôt impressionnant. Pas très loin non plus, des emplacements de tombes anciennes. Elles se signalent par des pierres dressées sur un tumulus.

J5 : La surprise d’Idjabaren

18,6 km

Le lendemain, autre cyprès dans un autre oued, Tarute Amastaju, visiblement tout aussi vieux que celui admiré hier. Mais couché, déraciné par les crues. Quelle tristesse de voir un tel géant ainsi anéanti. Puis, du haut des roches que l’on vient d’escalader, se laisse contempler un vaste plateau aride. Ce n’est que rocaille, pas très folichonne en plus, à perte de vue. On ne va jamais arriver nulle part, me dis-je un brin décontenancé devant ce spectacle. Évidemment, bien sûr que si ! Bientôt, un canyon s’ouvre dans la roche. Le faite d’un cyprès émerge par-dessus. Très vite apparaît une coulée verdoyante : une vision bien revigorante lors de ce trek dans le Tassili n’Ajjer.

En fin de matinée, après une nouvelle étendue bien morne, apparaît une langue de sable clair, telle une île dans un océan de roches sombres. Idjabaren, une divine surprise. Je ne le sais pas encore, mais cet endroit sera mon coup de cœur du trek dans le Tassili n’Ajjer ! Un site archéologique encore plus impressionnant, pour moi en tout cas, que Séfar quelques jours auparavant. Pourquoi ? Il est nettement plus sauvage que Séfar, où nous avons croisé d’autres touristes. Quelques-uns seulement, mais nous n’étions pas seuls. Ici, oui.

Trek au Tassili des Ajjers
À Idjabaren souffle le vent de l’éternité, de l’immensité. Pourtant, le site ne se dévoile pas d’un trait. Le voile se lève peu à peu, en descendant ce qui ressemble à des étages, d’un gradin à l’autre. Les gravures et peintures sont particulièrement nombreuses. Plus de 5 000 selon les estimations, un véritable musée à ciel ouvert. Ici aussi de toutes époques -à force, toutes proportions gardées, je deviens connaisseur !- et de toutes tailles. Avec parfois des images étonnantes, telle ce loup sur-dimensionné, au moins 3 ou 4 fois plus grand que nature. D’autres presque attendrissantes, comme ce petit crocodile si délicatement représenté. Littéralement subjugué, l’explorateur Henri Lhote a passé près de deux ans ici. D’une traite, sans s’en éloigner. Les traces de son séjour sont encore présentes : le lieu où il préparait ses repas, sous la falaise, ainsi que la table de pierre où il travaillait, son bureau en quelque sorte, face à des peintures. Son « lit » aussi : une longue pierre plate, légèrement incurvée, où il étendait sa natte. Le tout à ciel ouvert, bien entendu.

Cheminant dans Idjabaren, je me retrouve tout à coup en haut d’une falaise. Sur la rive d’une large et vertigineuse vallée, l’oued Amazar. Elle coure jusqu’à l’horizon, ou presque, dans un immense chaos de roches. D’ailleurs, djabaren se traduit par géant. Un décor lunaire, à l’âpre beauté. L’impression d’arriver juste après le big bang originel, juste après que le magma a refroidi. Saisissant !
Peintures rupestres à Idjabaren

J6 : La redescente du Tassili n’Ajjer

+ 53 m / – 668 m 13,4 km

A l’autre bout du plateau, c’est la descente. Ce ne sera pas aussi impressionnant que l’arrivée. Quoique… D’en haut, le regard porte très loin, embrasse l’immensité de la plaine qui s’étend à perte de vue. Le point de vue est spectaculaire. Et, sous nos pieds, le sentier plonge en une série de lacets, à flanc de montagne. On peut le contempler presque en entier : un tantinet vertigineux tout de même, mais sans aucun risque.

Le trek du Tassili n’Ajjer s’achève ainsi, par une courte demi-journée de marche. Plutôt en petits pas précautionneux ! Car, il faut négocier au mieux entre les blocs de pierre où l’on risque de se tordre les chevilles et les petits cailloux glissants. Notre caravane d’ânes, ceux qui portaient nos effets et notre nourriture, a vite fait de nous rattraper. On se plaque contre les pierres pour les laisser passer. En en profitant pour emmagasiner les dernières images du plateau, de ses roches aux couleurs et aux formes inoubliables.

Avec qui marcher sur le Tassili n’Ajjer ?

J’ai fait ce trek sur le Tassili n’Ajjer avec Abaraka Explore, un voyagiste algérien proposant des tarifs particulièrement compétitifs. Établie depuis plus de dix ans à Tamanrasset ainsi qu’à Djanet, avec une antenne en France, cette agence se focalise sur le Sahara. Un Sahara authentique et préservé. Avec une importante équipe de guides locaux passionnés, Abaraka Explore vous emmène hors des sentiers battus, à la découverte de lieux enchanteurs qui donnent vie au désert. Plus particulièrement tournée vers le voyage à pied, Abaraka Explore propose ainsi une demi-douzaine de circuits dans le Sahara, que ce soit au départ de Tamanrasset ou de Djanet.

Baptisé « traversée du plateau du Tassili n’Ajjer », ce circuit de 7 jours et 6 nuits, dont deux en maisons d'hôtes (mais la répartition peut changer en fonction des dates), est proposé au départ d’Alger et inclut donc les vols AR Alger-Djanet, la pension complète, l’encadrement par des guides locaux francophones, les transferts et toute la logistique. Il vous faudra donc prendre votre vol à destination d’Alger, une capitale desservie par de nombreuses compagnies aériennes tant au départ de Paris que des principales villes régionales. Le visa algérien est à votre charge également. Abaraka Explore s’occupe volontiers des démarches et le visa peut ainsi être délivré à l’arrivée, à l’aéroport.

Encore un mot sur la sécurité, une question que l’on me pose souvent. L’Algérie en général, le Sahara plus particulièrement, est depuis quelques années déjà une destination sûre. Le touriste y est parfaitement en sécurité, de plus, il est très bien accueilli. Je l’ai vérifié à plusieurs reprises.

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Bernard Frantz
Journaliste professionnel venant de la presse régionale, j'ai toujours aimé bouger. Au fil de mes pérégrinations, j'ai découvert le voyage à pied et à vélo, que j'apprécie énormément l'un comme l'autre. Et plus j'en fais, plus j'en redemande !

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