2 jours de randonnée dans les Pyrénées autour des Lacs du Néouvielle. Récit et trace GPS.
Durant deux jours, j’ai parcouru les superbes paysages des Pyrénées, entre montagnes, lacs et vallées. Initialement prévu sur trois jours, ce périple a dû être écourté en raison d’un orage annoncé, m’obligeant à regrouper les trois étapes en deux. La boucle démarre au parking de Tournaboup, longe de nombreux lacs, franchit la Hourquette d’Aubert, poursuit vers le col de Bastan, puis passe par la Hourquette de Caderolles avant de redescendre à travers la vallée jusqu’au point de départ. Cette randonnée autour des lacs de Néouvielle offre des paysages spectaculaires au cœur des Pyrénées. Entouré de sommets imposants, le sentier serpente à travers des forêts de pins à crochets, des prairies alpines et des chaos rocheux. L’eau limpide du lac reflète les crêtes environnantes, créant un décor paisible et sauvage. Chaque détour révèle une nouvelle perspective sur ce joyau naturel, typique de la réserve du Néouvielle.
J1 – Parking de Tournaboup – Refuge de Bastan
+ 1867 m / – 1099 m 22 km Bivouac au Refuge de BastanLe départ de cette étape s’effectue depuis le parking de Tournaboup, au pied du mythique col du Tourmalet. Un sentier bien visible démarre à proximité des télésièges : il s'agit du GR10, que l'on suit jusqu’au Pont de la Gaubie. Très vite, le sentier s’enfonce dans une vallée aux mille couleurs, riche d’une faune et d’une flore variées, typiques de cette région des Hautes-Pyrénées.
Une première montée soutenue vous mène à un point de vue exceptionnel sur le lac des Coubous, perché à 2 064 mètres d'altitude. Entouré de sommets, ce lac d’un vert émeraude saisissant offre un spectacle naturel à couper le souffle. En quittant les pâturages verdoyants, le paysage devient plus minéral. Le sentier longe successivement le lac Dera Yunco, puis le lac de la Jonquière, avant d’atteindre, au terme d’une nouvelle montée, les rives du lac Blanc. Nous poursuivons alors sur un unique sentier de montagne qui serpente vers le sommet. En chemin, plusieurs joyaux naturels se dévoilent : le lac de Tracens, le lac de Nère, puis le lac Estagnol, situé à 2 274 mètres.
Enfin, après une ascension exigeante, nous atteignons la majestueuse Hourquette d’Aubert. De là-haut, le panorama est tout simplement grandiose : une vue plongeante sur la vallée, et sur les lacs d’Aubert, d’Aumar et d’Orédon, blottis au cœur du massif. Au sommet, c’est l’heure de la pause bien méritée. J’en profite pour savourer mon déjeuner face à un panorama grandiose. Au menu : wrap jambon cheddar, quelques tranches de saucisson, et une barre chocolatée pour reprendre des forces avant de poursuivre l’aventure.
Je reprends mon sac à dos et mes bâtons en main, cap sur le refuge de Bastan. Une longue après-midi m’attend, rythmée par de nombreuses montées raides et exigeantes, qui mettront à l’épreuve l’endurance autant que la motivation.
Nous entamons la descente en direction des lacs d’Aubert et d’Aumar, en traversant un somptueux damier naturel niché au cœur des pics pyrénéens. Le paysage est spectaculaire, alternant blocs rocheux et végétation, comme un tapis de couleurs posé entre ciel et montagnes.
En longeant le lac d’Aumar, le sentier nous conduit peu à peu vers une forêt dense, prélude à une montée longue et soutenue. Après près de deux heures d’effort, nous atteignons le col d’Estoudou, perché à 2 260 mètres d’altitude. Je m’y accorde une pause bien méritée, l’occasion d’échanger quelques mots avec un groupe de randonneurs croisés sur place. Ils m’annoncent encore trois heures de marche jusqu’au refuge de Bastan. Je ne traîne pas : il est temps de repartir pour éviter une arrivée trop tardive au bivouac.
La descente reprend à travers la forêt, jusqu’au superbe lac de l’Oule, dont les rives blanchâtres contrastent magnifiquement avec l’eau sombre. Le dépaysement est total. Je longe une partie du lac jusqu’au ruisseau de Port Bielh, puis passe près de la cabane de la Lude avant de m’attaquer à une nouvelle montée. Après environ une heure de marche, j’atteins la cabane de Bastan, située à 2 144 mètres d’altitude.
La suite de l’itinéraire est un véritable régal visuel : les panoramas s’ouvrent sur les hauts sommets, les lacs se succèdent, et la faune se fait plus présente. Je passe devant le lac Inférieur, puis le lac du Milieu, chacun reflétant à sa façon les crêtes alentour.
Cette section du parcours est sans doute l’une des plus belles de la journée : un enchaînement de paysages à couper le souffle, entre ciels immenses, eaux calmes et montagnes imposantes.
Une dernière montée exigeante me mène enfin au refuge de Bastan. Je redescends ensuite vers les rives du lac de Bastan, où je trouve un coin paisible pour installer ma tente et passer la nuit, au plus près de la nature.
Bivouac au milieu des montagnes
Après huit heures de marche, l’heure est venue d’installer mon campement au bord du lac de Bastan. Le temps semble suspendu : un instant de calme absolu, mêlant douceur du soir et gratitude profonde face à la nature environnante.
Une fois la tente montée et un message rassurant envoyé à mes proches, je m’accorde un dîner simple mais réconfortant : quelques tranches de saucisson et des nouilles chinoises saveur poulet. Le luxe du randonneur !
Avant de me glisser dans mon duvet, je prends le temps de profiter de l’ambiance apaisante de la montagne. J’observe les derniers mouvements de la nature, feuillette quelques pages d’un livre, puis organise les étapes du lendemain. Un moment pour moi, loin de tout.
Ce premier bivouac en solo est un mélange d’émotions : joie, appréhension, reconnaissance, et cette légère angoisse propre aux nuits passées seul en pleine montagne. Mais malgré tout, quelle sensation de liberté incroyable… S’endormir face à un paysage aussi paisible et grandiose, c’est une expérience
J2 – Refuge de Bastan – Parking de Tournaboup
+ 538 m / – 1300 m 14,1 kmLa journée débute très tôt, après une nuit agitée, bercée par le vent froid et la fraîcheur mordante de la montagne. À 7h30, sac sur le dos, je me remets en marche, cap sur la Hourquette de Nère.
Le ciel est aujourd’hui plus couvert, l’air humide, et quelques gouttes de pluie viennent ponctuer les premiers pas. Pourtant, rien ne saurait ternir la beauté brute des paysages qui se dévoilent devant moi.
Dès les premières lueurs, nous croisons le lac Supérieur, baigné d’une lumière émeraude au lever du soleil. Un moment suspendu, presque irréel. La progression se fait ensuite à travers plaines et champs de roches, jusqu’au lac de Port Bielh, où une pause s’impose face à la montée vertigineuse qui nous attend.
Le temps voilé donne au décor une ambiance mystérieuse, presque mystique par endroits. Dans le silence du matin, les vautours entament leur ballet aérien, tandis que moutons et vaches dorment encore paisiblement.
Place maintenant à l’ascension : une montée longue et exigeante, qui me tiendra plus d’une heure. À mesure que je grimpe, une chaîne de lacs se révèle peu à peu sous mes pieds, formant un tableau grandiose. Le sommet de l’Hourquette de Nère m’accueille sans soleil, mais l’émotion reste intacte : malgré les nuages, le spectacle est magique.
Il est temps d’entamer la descente et de boucler ce magnifique périple. Le décor change à chaque pas : chaos rocheux, prairies alpines, lacs sauvages, ruisseaux cristallins et petites cascades se succèdent. La beauté de cette dernière portion me submerge, malgré la fatigue qui s’installe.
Les derniers kilomètres reprennent le chemin emprunté au départ, avec une vue majestueuse sur le col du Tourmalet en toile de fond. La descente finale jusqu’au parking de Tournaboup, longue de près de quatre heures, devient un véritable calvaire : les genoux en feu, une cheville coincée entre deux rochers, et pour couronner le tout, une énorme ampoule sous le pied droit – le même que la cheville douloureuse.
Malgré tout, je termine cette aventure avec le cœur rempli, riche de souvenirs inoubliables et de paysages gravés à jamais dans ma mémoire.
Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité !
Informations pratiques – Randonnée autour des lacs du Néouvielle
Comment s'y rendre ?
En voiture
Vous pouvez facilement rejoindre le point de départ du trekking en vous garant directement sur le parking de Tournaboup, situé au pied du sentier. Attention toutefois : selon la saison, le stationnement peut être interdit. Pensez à vérifier les conditions avant votre départ.
En transports en commun
Il existe plusieurs options pour accéder à Tournaboup sans voiture, en combinant train, bus et navettes locales :
- Depuis Barèges : Des navettes circulent tous les jours, en été comme en hiver, entre le village de Barèges et le parking de Tournaboup.
- Depuis Lourdes ou Tarbes : Prenez la ligne 965 en direction de Barèges (environ 1h30 depuis Lourdes, avec un itinéraire passant par Argelès-Gazost et Luz-Saint-Sauveur). Une fois à Barèges, vous pourrez monter à bord des navettes locales pour rejoindre le départ du trekking.
Difficulté de la randonnée
Ce trekking s’adresse aux randonneurs en bonne forme physique. Le parcours est exigeant, avec un dénivelé important et peu de portions plates. Les sentiers sont cependant bien entretenus et praticables, mais il faudra s’armer de patience et d’endurance : les montées s’enchaînent jour après jour.
Balisage
ll n’existe pas de balisage spécifique à cet itinéraire. Le repérage se fait principalement grâce aux marques du GR10 (rouge et blanc) ainsi qu’aux panneaux directionnels classiques utilisés sur les sentiers de randonnée.
Cartes IGN
- IGN Carte Top 25 1748ET – Néouvielle / Vallée d’Aure
- Parcours inspiré par l'article de Michel May sur le site “Altituderando”. Tour des lacs du Néouvielle – 3 jours – Randonnée Pyrénées – Barèges
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