10 jours de trekking dans le Haut Atlas oriental au Maroc. Démarrant d’Imilchil, nous avons rejoint la vallée des Aït Bougmez dans le Haut Atlas Central en suivant le lit de l’assif Melloul et en traversant les hauts plateaux. En chemin, rencontre avec les populations berbères, chaleureuses et accueillantes, comme autant de paysages uniques et pittoresques.
Haut-Atlas, terre de treks
Le Maroc est une terre de tourisme comme il y en a peu dans le monde. C’est aussi la première destination de trek d’Afrique. La chaîne du Haut Atlas forme une immense barrière d'environ 750 km qui délimite le Maroc saharien du Maroc atlantique et méditerranéen. Il constitue la pièce maîtresse du domaine montagneux de ce pays — dont l'ensemble couvre une superficie de 100 200 km². Le Haut Atlas, joyau du tourisme pédestre marocain, compte pas moins de 12 sommets dépassant les 4 000 m et près de 400 au-dessus de 3 000 m.
Bien loin des treks classiques que sont l’ascension du Toubkal (4167 m), toit de l’Afrique du nord, ou du M’Goun (4068 m), un petit groupe de marcheurs Atalante est parti des flancs orientaux du Haut Atlas pour rejoindre la vallée des Aït Bougmez, grenier du Haut Atlas Central, découvrant plusieurs tribus berbères : les Aït Haddidou, les Aït Marhad, les Aït Abdi et les Aït Atta. Pour poursuivre la traversée du Haut-Atlas des Aït bougmez au Toubkal, allez lire le récit de l'Oeil et la Plume.
J1 : Lac d’Isli – Oudeddi
+ 150 m / – 300 m 4h BivouacLac d’Isli, 2300 mètres. Après un transfert en véhicule depuis Marrakech, nous posons le campement sur le bord du lac. La nuit étoilée envahit rapidement les lieux et nous invite à sombrer dans le sommeil.
Le lendemain, les montagnes toutes proches reflètent dans les eaux du lac. Ici, chaque année au mois de septembre se déroule le Moussem, le festival des fiançailles. Selon la légende, les lacs Isli (le fiancé) et Tislit (la fiancée) ont pris naissance dans le désespoir de deux jeunes amoureux de tribus berbères différentes. Les parents, repentis, décidèrent qu’une fois par an, leurs jeunes garçons et jeunes filles se choisiraient et se marieraient librement. Depuis, le Moussem des fiançailles d'Imilchil est devenu une manifestation annuelle à vocation commerciale et religieuse de tout premier ordre.
C’est par un paysage sec et vallonné que nous démarrons la journée. Pas d’arbres à l’horizon, quelques plantes rases (armoises, euphorbes et thyms) font la joie des troupeaux de moutons. L’euphorbe est utilisée par les berbères pour extraire la poussière dans l’eau vers les bords du puits. Passage par la source de l’Assif Melloul pour y remplir les gourdes.
Imilchil. Située à 2200 m d'altitude au cœur du Haut Atlas oriental, la bourgade compte environ 1000 âmes. Nous la traversons sous les regards inquisiteurs de ses habitants. A sa sortie, peu après les aires de battage, un shibani accoste le groupe, tout heureux de nous croiser. Plus loin, des hommes et des femmes travaillent dans les champs. Si les femmes s’affairent à récolter l’orge et le blé, les hommes, eux, labourent les champs derrière leurs vaches. Ceux sont aussi eux qui ont en charge la construction des canaux d’irrigation ou la vente de la récolte au souk du coin.
Nous pénétrons dans le village d’Aït Ali Oudadoud où de nombreux enfants viennent à notre rencontre. Un carambar de distribuer par Nicolas et c’est plus de vingt enfants qui accompagnent le convoi à la sortie du village dans l’espoir d’avoir aussi sa sucrerie. Attitude qui part d’un bon sentiment mais qui, à terme, induit des rapports de mendicité entre locaux et touristes de passage.
Dans l’après-midi, la marche se poursuit jusqu’à Oudeddi (2100 m). Le village est construit en pisé le long de l’assif Melloul et les champs de luzerne, de blé et d’orge. D’énormes peupliers noirs bordent la rivière ; ils sont utilisés pour la construction des charpentes des habitations.
Le campement, perché sur un col, embrasse la vallée de ses plus beaux atours.
J2 : Oudeddi – Aghbalou n’Mouhtiche
+ 100 m / – 300 m 5h Bivouac
5h00. Les premiers bergers et leurs troupeaux passent à proximité du campement. Ils s’en vont rejoindre les pâturages.
Nous longeons les méandres de l’assif Melloul jusqu’au village d’Oulghazi qui marque le début des gorges. A l’entrée du village, une famille de paysans s’attèle dans le champ ; un échange s’installe. La famille nous invite à boire le thé.
Nous entrons dans les gorges, secrètes et profondes. Ici se mêlent les mystères de l’ombre et de l’eau, tantôt fin ruisseau, tantôt large torrent bruyant et vivifiant. Le niveau d’eau est élevé et le débit assez abondant par endroit en raison d’importantes chutes de neiges survenues l’hiver dernier.
Nous traversons la rivière à guet à plusieurs reprises et prenons le pique-nique le long d’une falaise de calcaire rouge. Sur le flanc des gorges, genévriers et pistachiers forment les deux arbres de la zone. Les passages à guets sont de plus en plus profonds (sans être extrêmes). Pas de mule pour passer la rivière. L’équipe berbère se mouille en quatre et transporte le groupe d’une berge à l’autre. Formule All Inclusive du trek !
Bivouac à Aghbalou n’Mouhtiche (source de Mouhtiche) le long de la rivière. Au pied de la maison en terre battue, nous observons le passage de la récente inondation. Le ciel est sombre, quelques gouttes tombent dans ces gorges étroites. Pas d’inquiétude mais un regard de temps à autre vers le ciel ne fait pas de mal pour se rassurer.
J3 : Aghbalou n’Mouhtiche – Batli
+ 800 m / – 1100 m 7h30 Bivouac
Changement d’itinéraire : le niveau de l’assif Melloul est trop haut. Nous devions continuer le long de la rivière. Finalement, nous empruntons une variante à flanc de montagne qui domine les gorges sans pour autant les apercevoir. Nous tenons notre première véritable étape de montagne !
Nous quittons les gorges par un passage que les mules n’apprécient guère. Les muletiers les tirent et les incitent à avancer par des cris. Derrière, on retrouve le calme paisible de la campagne marocaine.
Le sentier grimpe d’abord doucement à travers une forêt éparse de genévriers. On en distingue trois espèces :
- Le genévrier cade est un petit arbre ou un arbrisseau caractéristique des garrigues et des maquis. On le distingue du Genévrier de Virginie car il n’a pas d’épines.
- Le genévrier de Virginie est un arbrisseau originaire des Etats-Unis avec de petites épines.
- Le genévrier thurifère est une espèce très menacée de genévrier, extrêmement résistant aux agressions climatiques et mécaniques ; il peut prendre des formes très tortueuses.
Nous croisons quelques bergeries et habitations ; les enfants et les adultes restent à l’écart. « Qui sont donc ces inconnus munis d’étranges sacs qui passent près de chez nous » doivent-ils se demander. Si la rencontre ne s’instaure pas, il est agréable de constater que partout au Maroc, les enfants ne quémandent pas de bonbons. Le tourisme n’est pas encore suffisamment passé sur ses sentiers à l’écart des grands classiques du trek.
Le sentier se poursuit dans un vallon que nous remontons. La brise de vent est tombée. Le cagnard nous envahit ! Hassan, notre cuisinier, et Abdelkrim, un de nos muletiers, ont installé le pique-nique dans un abri relativement ouvert et à l’ombre. Une bénédiction !
Après le repas, poursuite de la randonnée jusqu’au col de Kefarte (2420 m). Tout autour de nous, à distance raisonnable, le ciel noir, tonne. Nous entamons la descente vers le village de Batli. La pente est ardue, le schiste est instable ; ce qui complique la progression, particulièrement pour les mules fortement chargées. Abdelkrim a particulièrement des difficultés pour orienter sa mule dans la bonne direction. Il faut dire qu’il la connaît peu puisqu’il l’a loué à un voisin. De beaux spécimens de chênes verts sont observés dans la descente. Nous rejoignons l’assif Melloul ; on remonte la rivière et entrons dans Batli lorsque le soleil décline à l’horizon.
J4 : Batli – Adeldoule
+ 450 m / – 500 m 3h00 Bivouac
Assis en tailleur, je déguste un pain marocain face au village de Batli qui sort de l’ombre. J’aime ses bivouacs à la porte des villages. Ils créent des rencontres fortuites avec les habitants et permettent d’assister à des scènes de vie quotidiennes.
Les bergers quittent le village pour les pâturages d’altitude. Les femmes s’en vont avec leurs paniers vides qu’elles rempliront dans la matinée de plantes et de fourrages pour l’hiver. Et nous, nous traversons Batli et grimpons au dessus du village.
Dans la montée qui mène au col de Dari (1968 m), deux VTTistes français croisent notre chemin. Ils découvrent le Haut Atlas à VTT en formule liberté. Ils doivent rejoindre Oulghazi pour 12h00. « Impossible » leur dit Saïd vu le niveau de l’assif Melloul. Ils décident de rebrousser chemin jusqu’à Anergui.
Le flanc du Qroum (2836 m) est rouge et vert en raison de l’oxyde de fer et du cuivre présent dans le sol procurant à la vallée des couleurs éclatantes sous ce ciel bleu. Cinq petits hameaux, de nombreuses maisons individuelles éparses et igherman, les greniers fortifiés familiaux, forment la commune d'Anergui. Cette région charnière entre le haut et le moyen atlas participe autant à la transition géographique que culturelle. Les communautés paysannes sédentaires du Haut Atlas à l'Ouest laissent ici place aux descendants des lointaines tribus nomades Sanhadja. Ces derniers ne pratiquent plus un nomadisme total, mais les falaises et hauts plateaux des alentours offrent encore aux éleveurs un vaste, mais rude domaine de transhumance estivale.
Depuis Aït Boulmane, la caravane pédestre remonte la rivière par le sud ouest pendant encore quelques minutes et pose le bivouac sur le bord de l’assif Melloul.
L’après-midi est consacré à la baignade et au délassement. On saute dans la rivière, on tente de remonter le courant comme le ferait si bien des enfants. Que c’est agréable de ne plus porter le poids de la vie quotidienne, d’être ici tout simplement et de profiter. Carpe Diem…
J5 : Adeldoule – Imidre
+ 1100 m / – 100 m 6h30 Bivouac
Départ à la fraîche par la belle montée d’Ougrara à travers une forêt de genévriers. Passage le long de gros blocs rocheux en calcaire dur avant de déboucher sur un col. Au delà, le sentier devient plus raide et le paysage se transforme en vallon jonché de genêts scorpions.
Au loin, quelques bergeries supplantent les djebels. Sur le bord du sentier, rencontre avec Aïcha, jeune femme de la tribu Aït Abdi de 17 ans. Elle garde un troupeau de chèvres tout en filant de la laine. Elle ne parle pas le français. Ici, l’école obligatoire, n’a pas de raison d’être aux yeux des nomades. Quel professeur voudrait d’ailleurs enseigner ici ? Souvent issus des villes, les enseignants peinent à s’imposer dans les écoles nomades ; la culture est si différente.
Nous débouchons sur le plateau de Cousre habité par de nombreux nomades. Ceux-ci vivent d’élevage et de culture. Des femmes et des enfants font le plein d’eau au puits en remplissant de petits bidons jaunes transportés par des ânes. Nous attendons notre tour pour y remplir nos gourdes et poches à eau.
La halte du midi, à l’ombre des genévriers thurifères, prend des allures étonnantes. Des dizaines d’enfants, d’hommes et de femmes viennent à notre rencontre pour recueillir des nouvelles du Maroc et du reste du monde. On nous invite à boire le thé dans une maison de pierre. Ici vit deux frères, leur femme et leurs dix enfants. Un des deux hommes y reste même l’hiver ; l’autre s’en va rejoindre des pâturages au sud plus cléments.
De nouveau sur le plateau de Cousre, nous rejoignons un col d’où s’extirpe du sol des arbustes ras (armoise, thym) et quelques fleurs dont l’érinassé, un des cinq coussinets de l’Atlas.
En contrebas, le plateau d’Immidre est envahi de chèvres et de moutons venus s’abreuver au puits. Les nomades Aït Abdi, que l’on rencontre depuis Batli, passent sur le campement, non pas pour discuter mais pour nous mettre dehors. Des tensions surviennent mais l’équipe locale saura faire preuve de sang froid et résoudre le conflit. Les muletiers passeront tout de même la nuit à faire le guet au cas où.
J6 : Imidre – Zaouiat Ahançal
+ 600 m / – 1600 m 6h00 gîte d'étape
Nous quittons le plateau d’Immidre après une nuit plus fraîche que d’habitude sans avoir été inquiété par les nomades voisins.
Ce matin, l’équipe locale ne traîne pas à plier le campement. Du coup, nous partons dès la fin du petit-déjeuner par un sentier qui suit le cours d’un ruisseau à sec jusqu’à Tizi n’Tinrazine (2810 m).
Seules les plantes rases subsistent à cette altitude. Au loin, quelques 3000 mètres se livrent derrière la brume de chaleur.
Longue descente de près de 900 mètres à travers une belle forêt de genévriers et des champs de blé jusqu’à la rivière Aziz Ahançal où le pique-nique est déjà prêt.
En changeant de vallée, nous venons de basculer sur le territoire de la tribu des Aït Atta connus pour leurs capacités guerrières.
L’Après-midi, c’est sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante que nous montons les 400 mètres de dénivelé nécessaire pour rejoindre le col de Zaouit Ahançal. Le vent s’est levé, un vent brulant et sec. Marcher avec l’impression d’avoir un sèche-cheveux face à soi est une sensation étrange. Mais, où est donc l’interrupteur ?
Après le col, une courte descente sur un terrain pierreux nous conduit au village de Zaouiat Ahançal dans le Haut Atlas Central.
Le village aux maisons de terre porte le nom d’un ancien marabout. Joliment placé entre les montagnes de calcaire, il surplombe la vallée Ahançal où coule l'Oued du même nom qui permet grâce à un important système d'irrigation d'assurer l'agriculture vivrière de chaque famille.
Installation dans un des quatre gîtes d’étape du village et petites balades à pied dans les ruelles pendant les derniers instants de soleil.
J7 : Zaouiat Ahançal – Cirque de Taghia
+ 300 m / – 50 m 3h00 Bivouac
Nous remontons la vallée de l’assif Ahançal, d’abord par la piste où nous croisons les villageois se rendant au souk, puis par un petit sentier alternant passage au bord de la rivière et à flanc.
L’endroit, paisible, offre de beaux panoramas sur Zaouiat Ahançal et sa large vallée.
Nous pénétrons dans les gorges de Taghia dont les hautes falaises de calcaire se resserrent doucement. Si les lieux sont appréciés des randonneurs, c’est aussi un haut lieu du canyoning et de l’escalade. Des villageoises coupent la luzerne qu’elles installent en petit paquet prêt à être vendu au souk.
Le sentier se poursuit le long de la rivière. Au pied d’un carrefour de gorges étroites et profondes, le village de Taghia apparaît sur la rive gauche, tandis qu’en contrebas d’étroites terrasses débordent de vert. Sans doute un des plus beaux sites de l’Atlas.
Les femmes sont à la rivière et lavent le linge, les enfants jouent dans l’eau. Une image de paradis perdue…
Au pied des hautes falaises, les muletiers ont installé le camp.
L’obscurité nous rapproche du mijotement des marmites, à moins que cela ne soit la faim qui tiraille déjà nos estomacs. Le cercle berbère s’ouvre et nous invite à partager un moment avec lui. On nous demande si ça va. A voir le sourire radieux qui illumine nos visages, ils éclatent de rire.
J8 : Cirque de Taghia – Tizi n’Tighboula
+ 1200 m / – 200 m 7h00 Bivouac
6h00. Trois ânes viennent compléter les mules car le chemin par Aqqa n-Tazart est délicat pour les équidés. De notre côté, nous empruntons un autre sentier moins long mais impossible à passer pour les mules.
Après être repassé par le village de Taghia, nous prenons la direction d’une falaise verticale, plantée vers le ciel. « C’est par là que nous passons » indique Saïd. Du bas, impossible de savoir avec exactitude par où nous allons cheminer.
Le soleil est chaud et le vent inexistant. La grimpette se déroule sur le rythme de Saïd : un pas lent et régulier. Plus haut, passage par Inifife, le tire bouchon, sentier étroit et vertigineux, qui marque l’arrivée sur les hauts plateaux de l’Atlas. Nous atteignons un puits qui nous offre l’occasion de nous désaltérer.
Après la verticalité de ce site sans pareil au Maroc, ce sont les grands plateaux d’altitude qui marque cette journée. Nous attendons les muletiers qui tardent à arriver à Imi Aqqa n’Tazzaght. Leur progression a été plus difficile que prévue. Tout le monde se fait des accolades lorsque le convoi arrive à notre hauteur ; quelques minutes plus tard, une fois les ânes déchargés, la caravane muletière et ses randonneurs se remettent en route.
L’orage éclate sur le Djebel Aroudane (3359 m) tout proche. Nous passons à travers l’épaisse couverture orageuse et installons le bivouac à Tizi nTighboula. L’arrêt au campement est toujours une agitation extraordinaire. Les muletiers désanglent leurs bêtes, déchargent les paquets et installent la khaïma. Très vite, thé et biscuits sont servis pour tous et le repas ne tarde pas à mijoter. Aujourd’hui, avec l’orage qui a menacé, le montage du bivouac a pris des allures de rythme militaire.
A plus de 3000 mètres, le froid s’installe vite, les polaires ne trainent pas longtemps dans les sacs et le dîner terminé, nous rejoignons rapidement le duvet de nos sacs de couchage.
J9 : Tizi n’Tighboula – Lac d’Izourar
+ 450 m / – 1000 m 6h00 Bivouac
La nuit n’a pas été bonne pour une partie du groupe. On-ils mal supporté l’altitude ? Le repas d’hier soir ? Difficile à expliquer. Les malades s’expriment dès l’aube par de brefs gémissements gutturaux significatifs. La journée risque d’être longue.
La matinée est constituée d’une succession de petites montagnes russes menant le groupe à une altitude de 3250 mètres. Sur les crêtes, nous bénéficions de beaux panoramas sur les djebels des environs. Nous rejoignons le pied du versant sud du djebel Azourki (3670 m). Au sud, belle vue sur la chaîne de l’atlas dont les cimes sont enneigées.
Quelques haltes forcées nous permettent de mieux apprécier le paysage.
Nous descendons sur le plateau d’Izourar investi chaque année par les nomades à la saison estivale. Les enfants gardent les troupeaux. Quelques enfants viennent à notre rencontre. Un échange s’installe, ça rigole, ça se chambre même. L’ambiance est bon enfant !
L’après-midi, nous continuons la descente sous un ciel noir jusqu’au lac d’Izourar (2530 m) à sec. Nous marchons un moment côte à côte avec des instituteurs en grève qui revendiquent une meilleure rémunération. Comme c’est souvent le cas dans de nombreux autres pays dans le monde, s’investir dans l’éducation de la société n’a jamais été source de revenu décent.
Un peu plus loin, un shibani de la vallée des Aït bougmez vient à la rencontre de Saïd pour échanger les nouvelles du coin. Il porte une baratte qu’il utilise exceptionnellement pour boire. Il est normalement d’usage de l’utiliser pour y conserver le beurre. Ce personnage m’inspire un profond respect bien que nous n’ayons échangé que des sourires et des regards.
Au delà des bergeries, les muletiers ont installé le bivouac au pied de la montagne ; l’orage éclate, tout le monde se réfugie à l’abri. La messe est dite !
J10 : Lac d’iZourar – Aït Bougmez
+ 225 m / – 750 m 5h00 Bivouac
Ce matin, descente sur la vallée des Aït Bougmez par le col de Tizi n’Taghfist (2540 m). Longtemps restée isolée, la vallée des Aït Bougmez, long ruban vert serpentant entre les montagnes déchiquetées, a su se développer sans perdre son authenticité.
Le village de Zawyat Oulmzi est en vue. Nous le traversons et continuons à travers champ. Les villageois cultivent de nombreuses variétés de plantes, de la luzerne à la pomme de terre en passant par les pommes ou les citrons, l’orge ou le blé. Cette grande diversité de cultures a valu à la vallée le nom de « grenier de l’Atlas ».
Découvrir cette vallée heureuse en randonnant dans de beaux villages fertiles de cultures, de traditions et d'hospitalité reste un grand moment que chacun apprécie à sa juste valeur. Ici, il n’est pas question d’exploits sportifs mais de déambulations contemplatives. On se laisse aller à rêver…
Nous traversons de jolis villages aux maisons en pisé et remontons par le col d’Adazène où nous pique-niquons prêt d’une source. Descente sur le village de Rbat au pied du Djebel n’Aïtourit (2920 m).
Demain, ceux sont les derniers instants de marche dans la vallée des Aït Bougmez. Nous faisons une boucle pour rencontrer la famille de Saïd. On nous invite à boire le thé et à déguster crêpes et gâteaux dans des quantités gargantuesques. Nous profitons de ce moment d’hospitalité et de générosité avant de retourner sur Marrakech.
Informations pratiques de cette Traversée Orientale du Haut-Atlas
Avec qui a été fait cette traversée Orientale du Haut-Atlas ?
Cette randonnée a été réalisée avec Huwans Club Aventure qui a depuis fusionné avec Atalante. A ma connaissance, cet itinéraire n'est plus au catalogue de l'agence mais Atalante propose 19 circuits d'aventure, randonnées et trek au Maroc.
Comment s'y rendre ?
Vol international jusqu'à Marrakech. puis bus ou taxi jusqu'à Imilchil. Taxi jusqu'au déart du trek.
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Quel est le meilleur moment pour réaliser ce trek ?
La meilleure période pour effectuer le trek de la traversée Orientale du Haut-Atlas entre Imilchil et la vallée des Aït Bougmez s’étend de juin à septembre. Les cols sont alors dégagés, la météo stable, et les villages berbères en pleine activité. En dehors de ces mois, la neige et les conditions climatiques rendent certains passages difficiles, voire impraticables.
Quelle est sa difficulté ?
Ce trek est idéal pour des marcheurs expérimentés et en bonne forme physique, habitués à marcher plusieurs heures par jour (5 à 7 h) avec du dénivelé. L’altitude peut ajouter un niveau de difficulté, sans être extrême. C'est surtout la durée du trek qui peut poser problème.
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Bonjour passionné du Maroc aimerais faire un trek dans le atlas
Dites moi les tarifs avion plus séjour
Cordialement mr Champarnaud thierry
Bonjour Thierry,
I-Trekkings n’est pas une agence de trek mais un média. Nous n’organisons pas de randonnée. Cette randonnée et d’autres au Maroc peut-être réservé via Atalante (lien plus haut dans l’article). Bonne journée.