Le trek de Santa Cruz, dans la cordillère Blanche, est l’un des plus beaux du Pérou. J’y ai marché quatre jours durant, en passant par le col de Punta Union à 4 750 m. Et je me suis empli les yeux de panoramas inoubliables : des pics effilés et des sommets enneigés à perte de vue, d’immenses glaciers, des lacs d’un vert émeraude. Quatre jours d’itinérance en bivouac dans le parc national Huascaran. Une randonnée sublime !
Avec ses paysages exceptionnels, le trek de Santa Cruz, dans la cordillère Blanche, est connu pour être l’un des plus beaux du Pérou. De plus, il a vraiment tout pour plaire : ni très facile, ni très difficile, ni trop long, ni trop court. Pendant quatre jours, je me suis franchement régalé ! Tout est idyllique sur le trek de Santa Cruz, de la première à la dernière heure.
Le trek de Santa Cruz, du nom de l’un des sommets sur le parcours, se déroule entièrement dans le parc national de Huascaran, dans le centre du Pérou. Classé Réserve de la biosphère Unesco, inscrit au patrimoine naturel de l’Humanité, ce parc est d’une superficie de 340 km². Il comporte pas moins de 712 glaciers, 431 lacs glaciaires avec une trentaine de sommets de plus de 6 000 m ! Sa biodiversité est impressionnante.
Même s’il n’est pas d’une extrême difficulté, une certaine préparation est tout de même nécessaire avant d’affronter le trek de Santa Cruz. Ne serait-ce que de s’habituer à l’altitude, qui constitue le principal souci. La ville de Huaraz, la capitale de la région Ancash, d’où je suis parti, se trouve déjà au-dessus des 3 000 m. Avant de me lancer sur le trek, j’ai donc fait quelques balades pendant deux jours. Plutôt chouettes d’ailleurs. Car il suffit de sortir un peu de cette ville, d’environ 140 000 habitants, pour déjà trouver des spots remarquables.
Acclimatation à partir de la croix Rataquena
+ 246 m / – 432 m 7,8 kmSur les premières pentes de la cordillère Blanche, au-dessus de Huaraz, se dresse une grande croix, au mirador de Rataquena. D’ici, on a une belle vue sur la ville. Détruite par un séisme en 1970, elle a aujourd’hui nettement tendance à s’étaler : les mines des alentours attirent beaucoup de monde. Mais ce n’est pas la cité qui m’intéresse. Plutôt les montagnes. Car, dès le premier virage du vilain chemin de terre s’offrent à moi les premiers sommets de la cordillère Blanche. Loins, mais… wouah ! Ils sont suffisamment impressionnants pour me secouer d’entrée. Notamment le Vallunaraju, qui dresse ses sommets enneigés à 5 686 m. Un décor pareil, d’entrée de jeu, ça promet. J’ai hâte d’y être pour de bon.

En attendant, on chemine entre les cultures. A commencer par les champs de pommes de terre : l’occasion d’apprendre qu’il en existe plus de 3 000 variétés au Pérou ! Et elles sont plantées jusqu’à 4 000 m. Je fais connaissance aussi avec d’autres plantes, comme la volumineuse agave maguey, à ne pas confondre avec un cactus. Ses fleurs montent à une bonne dizaine de m de haut.
La petite rando ne nous mène pas bien loin, mais suffisamment pour comprendre que ce n’était pas du luxe. Le moindre effort m’essouffle vite !
2ème rando d’acclimatation autour du lac Wilcacocha
+ 202 m / – 225 m 5,2 kmLe lendemain, direction la cordillère Noire. De l’autre côté de la rivière, le rio Santa, elle court parallèlement à la Blanche dans cette étroite vallée qui forme un long couloir de quelque 180 km. Sur le papier, la rando est plus courte que celle de la veille, mais je peine tout autant, sinon plus. Toujours l’altitude. Visiblement, un seul jour ne suffit pas à s’y habituer. En fait, nous partons de nettement plus haut : du lac Wilcacocha, à 3 715 m.
Le lac lui-même est petit, ravissant. D’autant plus que nous sommes seuls à l’admirer. Sur la rive, quelques villageoises proposent leurs créations artisanales : des bonnets, des gants. Et à des prix franchement intéressants ! L’une ou l’autre marcheuse se laisse tenter. L’ambiance est détendue, nous avons tout le temps devant nous. On en profite pour admirer le décor. De l’autre côté de la vallée, dans la cordillère Blanche, une enfilade de sommets enneigés. La vue est encore plus époustouflante que la veille ! Du Churup au Vallunarasu, de gauche à droite, les altitudes de ces sommets s’étagent entre 5 495 m et 6 162 m pour l’Ocshapal. C’est le parc national de Huascaran, dans toute sa splendeur. Et, à partir de demain -mais pas aussi haut, loin de là ! – notre terrain de jeux.
Retour sur terre, si je puis dire : on se retrouve à nouveau dans les champs. La petite rando nous emmène jusqu’au site archéologique de Huacapunta. C’est un intéressant tertre, une grande pierre dressée au sommet d’une butte, dominant toute la vallée de la Santa. Un endroit sacré où se déroulaient, sans doute même avant l’ère des Incas, des cérémonies en hommage aux dieux de la montagne. On y passe un long moment avant de revenir vers le lac.
1er jour de trek, de Vaqueria au bivouac de Paria
+ 430 m / – 278 m 11,6 kmQuelle somptueuse entrée en matière ! Le trek de Santa Cruz n’a pas encore vraiment commencé que déjà, tout comme mes camarades, j’ouvre des yeux éberlués sur le décor. Le van qui nous amène à pied d’œuvre traverse des décors fantastiques : un étroit défilé avec de très hautes falaises -quelques centaines de m tout de même- aspirées dans la brume. A main droite, se trouve d’ailleurs le Huascaran, le sommet qui donne son nom au parc national où nous venons de pénétrer. Le toit du Pérou, à 6 768 m. Bien sûr, il n’est pas visible. Mais, ne serait-ce que deviner sa présence m’impressionne. Puis, deux petits lacs. Le premier surtout, Chinancocha, est d’un vert irréel tant la couleur est intense, incroyable.
Sur un petit nuage, je débarque ainsi à Vaqueria en fin de matinée, après une demi-douzaine d’heures de (mauvaise) route. C’est le point de départ du trek de Santa Cruz. Nos duffle bags sont transférés sur le dos des mules pendant qu’on examine les lieux : quelques habitations au bord de la piste, rien de plus. Et c’est parti. Plutôt gentiment, d’ailleurs : de la descente. Jusqu’à un village, Janachaka, le « pont noir » en quechua, qui a plutôt tendance à prendre ses aises sur deux flancs de montagne. L’occasion d’assister à de paisibles scènes de vie paysannes. En chemin, de temps à autre, des vendeuses de bonnets et autres gants : elles se sont passées le mot, se prévenant de notre passage.
Le repas de midi -car sur ce trek de Santa Cruz il n’est pas question de pic-nic mais bien de repas, et ce chaque jour !- nous le prenons dans un endroit fort inhabituel. Dans une église, construite à quelques centaines de m de la sortie du village. Il faut dire qu’elle a été réaménagée, partiellement du moins, en gîte d’étape. Puis, on attaque la montée. Oh, pas très méchante. On passe ainsi un point de contrôle du parc national de Huascaran : ne pas croire que l’on se promène sans monter patte blanche sur le trek de Santa Cruz…
Dans l’après-midi s’enchaînent les petits passages à gué, pendant que la caravane d’ânes et de mules nous rattrape. Elle est conséquente : une quinzaine d’animaux bien chargés, accompagnée d’une demi-douzaine d’hommes. C’est une petite expédition que ce trek de Santa Cruz ! L’air de rien, nous parcourons ainsi une douzaine de km dans la vallée de Huaripampa. En fin d’après-midi, nous bifurquons dans une autre vallée, celle de Paria. Pas loin de l’entrée, nous attend le premier bivouac de ce trek de Santa Cruz, à 3 870 m. L’endroit est idyllique, avec en toile de fond de superbes montagnes.
2ème jour de trek, ascension du col de Punta Union
+ 937 m / – 630 m 12,7 kmLa journée la plus difficile de ce trek de Santa Cruz. Au menu, l’ascension du col de Punta Union que les guides nous annoncent plutôt abrupt. Oh, les sentiers n’ont rien de technique, mais c’est l’altitude. Donc, promis, on ira doucement. Pour commencer, on revient sur nos pas pour retrouver la vallée de Huaripampa. Et on entame la lente montée, d’abord plutôt exigeante puis à nouveau plus tranquille.
Les premières heures, la végétation est encore touffue, quoique pas très haute, mais dense. Des bosquets d’arbres, des polylepis qui ne poussent qu’à partir de 3 000 m. Avec de grands oiseaux, de temps en temps, le caracara montagnard. En quechua, son nom signifie jolie fille… Parfois, apparaissent aussi des fleurs, des lupins violets, roses ou jaunes, c’est selon.
Au fur et à mesure, la vallée se rétrécit. Et, sur le trek de Santa Cruz, les choses se corsent à nouveau : le sentier est plus rocailleux, le souffle se fait plus court. Mais, en ligne de mire, le glacier Taulliraju, à plus de 5 830 m : superbe, quel panorama ! Aujourd’hui, ce sera le décor de notre salle à manger, pour le repas de midi, au bout d’un plateau rocheux. Juste en dessous de nous : le petit, tout petit mais si mignon lac de Muracoha. L’ensemble fait plutôt très bonne figure !
Dans l’après-midi, la reprise est rude. En guise de mise en bouche, on progresse sur de grandes dalles rocheuses -fort heureusement, il ne pleut pas- très spectaculaires. De temps à autre, je me retourne. Pour profiter de la vue : seulement barrée par les longs glaciers au fond, la vallée est grande ouverte devant moi, j’ai rarement eu un tel panorama sous les yeux. Tout simplement fabuleux ! Voilà qui donne du coeur à l’ouvrage. Les dernières centaines de m à grimper sont avalées sans coup férir.
Au col de Punta Union, à 4 750 m, le point le plus haut de ce trek de Santa Cruz, on se congratule, bien sûr. On s’offre même un petit luxe : une courte grimpette, où il faut s’aider des mains, pour le plaisir de se retrouver sur l’étroite arrête montagneuse. D’un côté, l’océan Atlantique, de l’autre l’Amazonie. Même si, évidemment, on ne voit ni l’un ni l’autre. Là, tout de suite, ce sont ces immenses glaciers s’étalant un peu partout, aussi loin que porte le regard, qui m’impressionnent tout particulièrement. Dans le creux de la montagne, de l’autre côté du col de Punta Union, tout en bas, un joli lac. Vu d’en haut, il semble minuscule mais ce n’est bien sûr pas le cas. Avant d’entamer la descente, un petit objet attire mon regard : une statuette de terre cuite, placée sur le côté du sentier. Une offrande, sans doute accompagnée de prières, aux dieux quechuas.
Même longue, la descente n’est qu’une formalité pour nous, euphoriques, qui avons vaincu le col de Punta Union. Pour autant, le bivouac se passe tout de même à 4 250 m… Et les nuits sont fraîches par ici.
3ème jour de trek de Taullipampa à Llamarcoral
+ 345 m / – 736 m 21,8 kmAprès le gros effort de la veille, une journée plus cool sur le trek de Santa Cruz ? Elle aurait pu l’être, mais… non. Une partie du groupe, dont moi, décide de rallonger les réjouissances : on fera un crochet, un aller-retour de 6 km en fait, jusqu’au lac Arhuaycocha. Un immanquable du trek de Santa Cruz, de toute beauté. Si c’est un inmanquable, vamos !
Un agréable sentier en balcon, qui nous fait pénétrer dans une nouvelle vallée, de beaux paysages : la vie est belle. La montée est facile, jusqu’à la dernière côte, avant le lac Arhuaycocha. Celui-ci se découvre juste après un coude du sentier. Il ne se présente pas sous son meilleur jour : pas de soleil, des nuages. Et pourtant, quelle majesté. Même sous cette lumière blafarde, le vert de ses eaux irradie. Derrière, un grand glacier qui barre l’horizon sur plusieurs centaines de m. Au fond, un autre qui dévale jusque dans le lac. Grandiose ! Sur notre gauche, mais perdu dans la brume, l’Alpamayo, à près de 6 000 m. Son sommet est une pyramide de glace presque parfaite, sacré « plus beau glacier du monde ». C’est d’ailleurs ici que se trouve le camp de base pour aller l’escalader.
Retour dans la vallée de la rivière Cashapampa. Avec repas dans un endroit improbable, au sommet d’une butte qui domine notre itinéraire de l’après-midi, sur ce très trek de Santa Cruz. Le rêve. Si ce n’est que le mont Artesonraju, devant lequel je passe à l’aller comme au retour et au pied duquel nous mangeons, s’obstine à rester coiffé par les nuages. Pourtant, il est célèbre, le bougre. Sa pointe, à un peu plus de 6 000 m, aurait servi de modèle au célèbre logo de Paramount Pictures, le grand studio hollywoodien. Vous savez bien, celui avec plein d’étoiles autour ! Petit regret, donc. Bon : je m’en remettrai.
En attendant,le trek de Santa Cruz continue, sur un tout autre terrain. Le long de la rivière, puis sur les berges d’un lac, c’est plat et sablonneux. Pas forcément moins fatigant, mais qu’importe. On goûte ces instants de solitude. Puis, dans un échancrure de la falaise que nous longeons, apparaît le sommet du Santa Cruz. Loin là haut, à 6 259 m, mais bien visible alors que la base est prise dans les nuages. Etonnant.
4ème jour de trek jusqu’à Cashapampa
+ 48 m / – 743 m 11,4 kmFin de trek du Santa Cruz en roue libre. Une belle balade, très facile, mais avec de splendides paysages encore. Des passages étroits entre des blocs rocheux le long de la rivière, la Cashapampa, qui est ici un impétueux torrent. Par moments, les flots sont tellement tumultueux que l’on ne s’entend plus parler, même à quelques dizaines de m ! La végétation change, bien sûr, au fur et à mesure de la descente. Elle se diversifie. Des cactus apparaissent ainsi que beaucoup de plantes que je ne connais pas. Des odeurs nouvelles assaillent les narines. Parfois, la vallée se fait très étroite.
Et puis apparaît une porte. Une vraie porte, en fer, maçonnée dans la roche. Elle marque la sortie du parc de Huascaran. Et pour nous la fin du trek. J'ai un vrai serrement de coeur à cette pensée, les émotions ont été tellement intenses.
Informations pratiques
Pour se rendre au départ du trek de Santa Cruz depuis la ville de Huaraz, si l’on veut faire le trek de Santa Cruz seul (ce qui est parfaitement possible) il faut prendre un collectivo (taxi collectif) jusqu’à Yungay puis un autre pour Vaqueria. Il y en a plusieurs par jour, soit tôt le matin, soit en début d’après-midi. Compter 5 à 6 heures de trajet. Pour le retour, c’est également très facile depuis Cashapampa, avec la même correspondance.
L’entrée dans le parc national de Huascaran est payante. Le tarif varie en fonction du nombre de jours.
Avec qui faire le trek de Santa Cruz ?
Dans mon cas, j’ai effectué ce trek de Santa Cruz avec un grand opérateur historique du Pérou, le voyagiste Explorandes. Il se charge de toute la logistique, au départ de la ville de Huaraz. Tout est compris, depuis le transport des bagages jusqu’à la fourniture du matériel (tentes, duvets, bâtons de marche…) en passant bien sûr par la nourriture, l’accompagnement avec des guides professionnels. Tout.
Quand faire le trek ?
La meilleure période pour faire le trek de Santa Cruz s’étale d’avril à octobre, la saison sèche.
Bonnes adresses
A Huaraz, l’hôtel Andino Club (3*) est un peu excentré, gage de calme et tranquillité. Pour autant, en une dizaine de minutes à pied on se retrouve au centre-ville. Les chambres sont confortables, le petit déj copieux, l’accueil sympa.
A quelques encâblures de Huaraz, le Patio de Monterrey (3*) est tout à fait charmant avec sa végétation débordante, sa fontaine et ses jardins. Il se trouve presque au terminus de la ligne 1 des collectivos, à quelques pas de la piscine d’eau chaude thermale de Monterrey.
A Huaraz, le restaurant Chez Patrick, comme son nom le laisse peut-être deviner, est tenu par un Français installé ici depuis 42 ans ! Sur l’une des principales artères de la ville, devenue piétonne depuis peu, c’est un établissement chaleureux. Sa spécialité : les crêpes. Et il sert, bien entendu également les plats péruviens.
Un bon tuyau
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