Le Glacier Bike Tour est un nouvel itinéraire VTT, spécialement conçu pour les VTTAE, qui relie Saint-Moritz à Zermatt, en Suisse. Du VTT facile, accessible à tous ou presque, dans les plus beaux paysages de ces régions montagneuses. Passant par des cols mythiques ou sur les berges du Rhône et du Rhin qui, ici, ne sont encore que des torrents, il longe la mythique ligne ferroviaire Glacier Express. J’ai roulé 4 jours sur le Glacier Bike Tour, dans une version écourtée donc puisqu’il se fait normalement en une 10aine de jours. Récit.
Allegra ! Bienvenue -c’est du romanche, la 4ème langue suisse- à Saint-Moritz. Point de départ du Glacier Bike Tour, la ville de Saint-Moritz où j’arrive dans l’après-midi m’en met plein les yeux d’emblée. Elle respire l’opulence, certes, mais aussi une fierté de bon aloi. La fierté d’avoir su préserver son charme, sa qualité de vie. Malgré les immenses palaces qui ont vu passer Greta Garbo et Hitchcock, malgré les luxueuses boutiques et joailleries qui parsèment les quelques rues piétonnes. Dans celles-ci et alentour, subsistent les commerces traditionnels, présents depuis toujours ou presque. Surtout, il suffit de faire quelques pas pour admirer les montagnes environnantes, le lac qui s’étale aux pieds de Saint-Moritz.
Le Glacier Bike Tour
Lancé durant l’été 2023, le Glacier Bike Tour est un itinéraire ebike reliant les villes de Saint-Moritz, dans les Grisons, à Zermatt, dans le Valais. Le parcours est long de 370 km avec un dénivelé de 9 500 m, passant par trois hauts cols. Ce sont les cols d’Albula, de l’Oberalp et de la Furka, franchis sur des routes asphaltées. Mais le Glacier Bike Tour emprunte plutôt des chemins en gravier, voire de temps en temps d’étroits sentiers, de vrais single tracks.
Une dizaine de jours est conseillée pour parcourir le Glacier Bike Tour, à raison d’étapes longues de 30-40 km. Voici qui laisse tout loisir d’admirer les paysages, de profiter des richesses patrimoniales des régions traversées. Mais, on peut très bien n’en faire que quelques étapes, scinder le Glacier Bike Tour en deux ou trois tronçons.
Le Glacier Bike Tour est destiné plus particulièrement au VTT à assistance électrique. Il est accessible au public le plus large, parfaitement réalisable en famille, avec de jeunes ados par exemple. Toutefois, sans être indispensable, une petite expérience du VTT est conseillée. En revanche, une bonne forme physique est nécessaire : l’assistance électrique ne fait pas tout, il faut quand même pédaler !
Si, d’aventure, vous avez envie d’abréger une étape, aucun souci : pas moins de 53 gares parsèment le tracé du Glacier Bike Tour. On met le VTT dans le train, et hop, destination l’escale du jour.
J1 : Saint-Moritz – Bever
+ 26 m / – 102 m 19,6 km Bever LodgeLe lac de Saint-Moritz est plutôt grand. Je m’en rends compte en en faisant le tour sur ma nouvelle monture, celle qui va m’accompagner durant le Glacier Bike Tour. Dans l’après-midi, notre petite équipe a récupéré les VTT, des VAE dotés d’une batterie puissante, ici à St-Moritz. Laissant derrière nous dériveurs et pédalos, on s’éloigne davantage. Un autre lac, plus intimiste, apparaît. Les derniers baigneurs -car il commence à se faire tard- se sèchent. Dans la région, il n’y a guère de piscines publiques. Mais la plupart des lacs, dont celui-ci, sont dotés de cabines pour se changer, de douches et de toilettes. Et c’est gratuit…
C'est dans ce secteur que gregoutdoor a réalisé sa randonnée de 2 jours en Engadine jusqu'à la cabane Coaz au pied des glaciers du massif de la Bernina.
Après le dîner, direction le village de Bever à une 20aine de km. Ce seront les premiers vrais tours de roue sur le Glacier Bike Tour. Un faux-plat descendant, l’essentiel sur des chemins agricoles, la dernière partie sur route goudronnée, pour rejoindre l’hôtel à Bever. Sur la fin du trajet, une averse -ce sera la seule de toute la rando- fait qu’on ne traîne plus du tout. Tout juste si je m’arrête quelques instants pour contempler une vieille église, celle de Celerina : son clocher, séparé de l’édifice, a été détruit par la foudre au XVIe s. Et… il est resté tel que depuis, alors que l’église est toujours utilisée !
J2 : Bever – Disentis
+ 1588 m / – 2133 m 53,7 km Hôtel AlpsuLes choses sérieuses sur le Glacier Bike Tour commencent aujourd’hui. Un peu de plat, histoire de se mettre en jambes, jusqu’à la Punt Chamues. C’est le dernier village en Engadine, avec de grandes et riches fermes, visiblement très anciennes. Ensuite, le Glacier Bike Tour grimpe. Une sacrée montée d’ailleurs, un peu plus de 8 km jusqu’au col d’Albula, sur une route en lacets. Nous ne sommes pas les seuls cyclistes, loin de là. Mais ce sont surtout des voitures de collection ou de sport qui empruntent cette route. Il faut dire qu’elle vaut le détour, dans un tel décor. Les flancs des hautes montagnes qui nous entourent sont encore tapissées de blanc en maints endroits. Des cris de marmottes saluent notre passage. Paissant et ruminant tranquillement dans les pâturages, les vaches, elles, ne semblent pas intéressées outre mesure.
Première étape magique du Glacier Bike Tour, le col d’Albula est l’un des cols mythiques de Suisse avec ses 2 315 m. Il est aussi la porte d’entrée dans le parc naturel Ela, le plus grand de Suisse. On s’attarde quelque temps, avant d’entamer la descente. C’est raide, sans doute plus que sur l’autre versant, mais je ne me laisse pas griser par la vitesse. Quelques arrêts pour admirer là un petit lac, là un joli point de vue. Ou encore l’un des ouvrages d’art qui parsèment la ligne ferroviaire Glacier Express, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco. Car, je la retrouve ici, alors qu’elle sort du tunnel qui lui a fait franchir la montagne. Viaducs, ponts… j’aperçois déjà plusieurs de ces prodigieuses constructions.
Le plus célèbre de ces ouvrages sur la fameuse ligne de l’Albula est le viaduc de Landwasser. Enjambant une gorge vertigineuse, il a été construit au tout début du siècle dernier. Je l’admire dans une longue courbe… avant de le franchir, tranquillement assis dans le train. Car, entre temps j’ai embarqué à Bergün -un village de carte postale, soit dit en passant- avec mon vtt, justement pour profiter de ce panorama exceptionnel. Car si je vais bien aller de Saint-Moritz à Zermatt, je ne fais pas la totalité du trajet en pédalant. Pour gagner du temps, mais aussi contempler des endroits remarquables sur le trajet du Glacier Express, j’effectue quelques tronçons en train.
Parvenu à la petite gare de Tamins, je retrouve le Glacier Bike Tour dans un tout autre décor. Cette fois, il me fait d’abord voir le confluent des deux Rhin, ou plutôt des deux principales sources. Eh oui, moi aussi, j'ignorais qu’il y en a deux ! Puis il m’emmène à travers champs et bois, jusque dans les gorges du Rhin, après une longue montée dans un nouveau panorama exceptionnel. Au loin se profilent d’autres montagnes, les Tschingelhörner, une crête impressionnante. Sur le Rhin, qui n’est encore qu’un gros torrent, j’aperçois pas mal de rafts qui le descendent. À voir leur vitesse, il y a du débit !
Pour nous, après cette belle équipée, nouveau tronçon en train. Jusqu’à Disentis, cette fois, un village assis au pied d’une très grande abbaye. Fondée au VIIIe s par les Bénédictins, celle-ci a été redécorée dans le style baroque au XVIIe. Les dimensions de ses longues façades impressionnent : l’abbaye domine littéralement la vallée. Ce sera notre étape de ce soir, à ma grande satisfaction.
J3 : Disentis – Viège
+ 1617 m / – 2067 m 68 km Hôtel EliteVoici une journée bien chargée en perspective sur le Glacier Bike Tour ! Elle commence par un dernier coup d’œil sur l’abbaye de Disentis, très belle dans la lumière du matin. Vue d’assez loin, de l’autre côté du village, elle me paraît encore plus grande. On attaque la montée sur de petites routes et sentiers, dans un joli décor. Avec un rapide coucou à la ligne ferroviaire du Glacier Express, puisque le Glacier Bike Tour emprunte un même viaduc, celui de Bugnei.
Direction le col d’Oberalp, autre col mythique du Glacier Bike Tour. D’abord, des pâturages, avec parfois de vieilles granges. Puis les montagnes se font plus hautes, garnies de névés. On fait d’ailleurs un passage non loin des pistes de ski de la petite station de Sedrun. En fin de matinée, c’est l’arrivée au col de l’Oberalp. Il y a foule. Les uns et les autres s’attardent, notamment pour s’immortaliser devant un phare dont la présence ici est bien surprenante. Non loin des sources du Rhin, il symbolise celui de Rotterdam, à l’autre bout du fleuve. Puis le Glacier Bike Tour dévale longuement jusqu’à la luxueuse station de sports d’hiver qu’est Andermatt. De la route bitumée, certes, mais agréable. Là, en tout début d’après-midi, on embarque à nouveau dans le train. Destination : Reckingen, 33 km plus loin, dans la vallée de Conche.
Cette fois, nous sommes très proches de la source du Rhône. D’ailleurs, je vais rouler un bon moment le long de ce fleuve, qui offre une splendide couleur vert émeraude, sur la Via Rhôna. Et c’est particulièrement agréable : le décor est sympa, de plus on descend… On traverse quelques jolis villages. Blitzingen, avec son décor de style Heidi. Ou encore Niederwald, où est né César Ritz, pionnier de l’hôtellerie de luxe. Son église, datant du XVIIe s, est originale : le toit est entièrement recouvert de bardeaux en bois. Et son intérieur est particulièrement riche. Dans l’axe de nos guidons, le fond de la vallée est dominé par les sommets enneigés du Bishorn et du Weishorn, des 4 000.
Le Glacier Bike Tour continue dans le parc national de Binntal. Juste avant le tunnel qui pénètre dans la vallée de Binn, on bifurque sur un sentier, le Flurnamenweg. On se faufile dans la forêt, par-delà un vieux pont de pierre, pour descendre jusqu’à Mörel. Là, alors qu’on a déjà couvert aujourd’hui une étape et demie du Glacier Bike Tour, on embarque dans le train jusqu’à Viège.
J4 : Viège – Zermatt
+ 1067 m / – 134 m 38,8 km Hôtel DerbyLe Glacier Bike Tour touche au but. Et nous, nous faisons les choses dans les règles en respectant scrupuleusement l’étape, ou presque. Située au confluent de plusieurs vallées, Viège est une ville assez importante, mais on est dehors en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. On remonte la Vispa, un torrent plutôt impétueux. À main gauche, sur les coteaux qui dévalent des pentes abruptes, des vignes. Puis, sur un tronçon de route désaffectée, on arrive au village de Stalden. Il est bien tranquille depuis deux ans, maintenant qu’un impressionnant contournement routier, avec de grands viaducs, absorbe toute la circulation automobile.
Ensuite, le Glacier Bike Tour emprunte un ancien chemin muletier, qui court en balcon. Un rêve de Vtétiste débutant, tant le sentier est plaisant : dans un très joli décor, il longe des murs de pierre sèche à flanc de montagne. De temps en temps, une vieille ferme. Tout ceci est superbe ! On redescend plus bas dans la vallée. Dans un pâturage, quelques génisses d’Herens. Surtout présentes dans le très beau val du même nom, ce sont des vaches à la robe noire, plutôt belliqueuses. En ce sens qu’elles ont un sens de la hiérarchie très développé : les vaches se choisissent une reine, déterminée à l’issue d’une série de joutes. Les Valaisans sont très fiers de ces animaux, à juste titre.
Puis, notre petit peloton retrouve la route. Direct jusqu’à Zermatt, car les derniers km du Glacier Bike Tour sont réservés aux vététistes expérimentés. Il n’y a quasiment aucune circulation automobile : Zermatt est interdite aux voitures. Là, même en cette fin de matinée, quel contraste : la petite ville grouille littéralement de touristes ! Il y a de tout, depuis les groupes d’Asiatiques en goguette jusqu’à l’alpiniste chevronné qui va tenter l’ascension du Cervin. Du haut de ses 4 478 m, ce sommet mythique domine la vallée de sa forme si caractéristique. Celle qu’on retrouve sur les Toblerone… Mais, cet après-midi, l’aiguille se dissimule derrière les nuages.
Pour autant, Zermatt est bien agréable à visiter. Il y a pas mal de choses à voir, hormis les boutiques s’entend. Ainsi, dans le centre historique, les vieilles constructions traditionnelles, soigneusement conservées et entretenues, que sont les raccards. Ce sont des greniers indépendants, montés sur des socles en pierre, pour mettre leur contenu à l’abri des rongeurs. Je m’attarde encore devant la statue élevée à la gloire de ce guide de haute montagne qui a gravi pas moins de 370 fois le Cervin. Dont la dernière, durant l’été 1990, pour y souffler ses 90 bougies ! En ce qui me concerne, je me contente du joli musée du Cervin, dans le centre de Zermatt. Il présente pas mal de reconstitutions, grandeur nature, de la vie du village, des premières ascensions. Et, bien sûr, de la première, le 14 juillet 1865. J’y passe un bon moment. Le lendemain, en partant tôt le matin, j’aurai l’occasion d’admirer sa pointe, depuis le centre de Zermatt. Qu’est-ce qu’elle est belle !
Autre suggestion d'itinéraire, le classique Chamonix Zermatt à VTT électrique.
Informations pratiques
Le site du Glacier Bike Tour donne toutes les indications pratiques, et plus encore, sur ce qu’il faut savoir de l’itinéraire : comment l’organiser, ce qui vous attend, ce qu’il est possible de voir sur ou non loin du Glacier Bike Tour. Tout y est : la description du circuit avec les principaux points d’intérêt, le relevé exact des chemins, sentiers ou routes empruntées, les traces GPS du circuit (en lien avec le site Komoot), les bonnes adresses que ce soit pour se restaurer ou dormir. Vraiment, très, très complet et bien fait.
En ce qui me concerne, je n’ai pas respecté le découpage des étapes tel que le préconise le Glacier Bike Tour. Certaines étapes ont été doublées, d’autres écourtées pour prendre le train sur des tronçons remarquables, et ainsi de suite. Car, tout est possible sur le Glacier Bike Tour !
Comment se rendre au point de départ du Glacier Bike Tour ?
La ville de Saint-Moritz est, comme toutes les localités suisses, parfaitement desservie par les trains. De plus, les CFF, les chemins de fer suisses, proposent toutes sortes de formules à destination des visiteurs étrangers, notamment des forfaits très avantageux. Toutes les offres et réductions: swisstravelpass.com
Bonnes adresses sur le bord du chemin
A Bever, l’hôtel Bever Lodge est tout simplement parfait : très confortable sans être trop luxueux, il sait ménager un accueil exemplaire au cycliste. Ainsi, un ascenseur mène au sous-sol où l’on entrepose son vélo dans un beau local, recharge la batterie. Un rêve de cycliste !
A Valendas, un village dans la descente menant à Ilanz, si vous passez un lundi ou un mardi (ce sont les deux seuls jours d’ouverture!), arrêtez-vous au café Mäntig. Dans un jardin fleuri, sous les frondaisons des arbres, on y déguste jus de fruits et délicieuses tartes maison. Cafè Mäntig, Tamunt 20, 7122 Valendas.
A Disentis, l’abbaye est mon coup de cœur de ce voyage. D’abord parce qu’elle mérite amplement d’être visitée, à commencer par son église dédiée à saint Martin-de-Tours. Et aussi parce qu’elle comporte une partie hôtel qui présente sans aucun doute le meilleur rapport qualité-prix de la région. Les chambres, il y en a une 20 aine, ont toutes été refaites, offrant un confort très contemporain dans un cadre historique.
A Disentis, le restaurant de l’hôtel Alpsu est à ne pas manquer pour qui veut goûter les spécialités des Grisons, notamment les capsuns (de la saucisse cuite dans des côtes de blettes) et autres pizochels, sortes de spaetzle. On se régale, et c’est copieux !
Dans la descente vers Andermatt, le restaurant L'Ambasciatore est dédié à la cucina italienne. Tout y est, ou presque, depuis la pizza jusqu’aux panettone faits maison. Savoureux.
A Viège, l’hôtel Elite (2*) se trouve presque en face de la gare : très commode. Accueil sympa.
A Zermatt, l’hôtel Derby (3*) étonne : en plein centre, dans la principale rue piétonne, calme et luxueux. Son restaurant, qui fait la part belle à la cuisine italienne, ne détonne pas. L’un dans l’autre, une belle adresse. Et très pratique, puisque l’établissement se trouve à quelques pas seulement des deux gares de Zermatt.
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