Avec ses 2115 mètres d’altitude, le sommet des Monges constitue le point culminant des Préalpes de Digne. Il ne s’agit certes pas du plus haut sommet des Alpes-de-Haute-Provence (il s’agit de l'aiguille de Chambeyron et ses 3 412 m), néanmoins ce dernier vaut le déplacement à plus d’un titre. C’est notamment un panorama à 360° sur les Alpes et pré-Alpes qui vous attend au sommet. Voici sans plus attendre le récit de cette randonnée itinérante sur deux jours et une nuit (peut être faite à la journée) qui s’adresse à quasiment tous les marcheurs, quel que soit leur niveau.
J1 : Direction le col de Clapouse
+ 148 m / – 37 m 3,9 km 1h30C’est parti pour la première étape en direction du col de Clapouse (1692 m) depuis le parking du lac des Monges (1544 m). L’accès au parking se fait depuis Sisteron via la D951 puis la D1 en suivant Clamensane. La dernière portion (environ 5 km) à partir d’Esparron-la-Bâtie se fait sur une piste forestière praticable par la plupart des véhicules de tourisme, néanmoins il faudra rouler au pas. Attention également à l’embourbement les jours de pluie. Dernier point, la dernière section de la piste menant au parking n’est ouverte qu’entre le printemps et l’automne. Il reste possible de se rendre au lac, mais il faudra laisser son véhicule plus en amont. Vous voilà prévenus !
Trêve de bavardages, nous laissons donc notre véhicule sur le parking du lac des Monges pour nous diriger dans un premier temps vers le col de Clapouse. Il est déjà 18 heures en cette fin du mois de juillet et les jours se faisant de plus en plus courts, l’idée est de planter la tente avant la tombée de la nuit. C’est cette équation qui motive en partie le choix du col de Clapouse comme lieu de bivouac. Situé quasiment à mi-chemin entre le lac et le sommet des Monges, il est accessible en moins de 2 heures depuis le parking et ceci presque sans dénivelé. S’ajoute à ça qu’il s’agit d’un superbe plateau relativement plat et donc idéal pour planter sa tente. Il est techniquement possible de bivouaquer au bord du lac, mais des tentes sont déjà présentes et le cadre du col de Clapouse vaut largement la petite marche supplémentaire.
Du lac, des panneaux indiquent clairement la direction pour le col de la Clapouse ainsi que pour le sommet des Monges. Suivre la piste indiquée pendant une quarantaine de minutes jusqu’à la prochaine jonction où se trouve un nouveau panneau. Celui-ci indique le sommet des Monges en restant sur la piste principale ou le col de Clapouse en bifurquant sur le sentier partant à gauche dans un sous-bois (suivre le tracé du GR6). C’est cette dernière option que nous prenons. Là encore, pas de difficulté particulière ni de possibilité de se perdre. Nous marchons à peine un peu plus d’une demi-heure à travers bois jusqu’à atteindre une grande clairière qui n’est autre que le col de Clapouse. Nous voilà sur le lieu de bivouac pour cette nuit.
Il ne reste plus qu’à trouver le spot parfait, c'est-à-dire plat et dépourvu de pierres pour installer la tente. Nous sommes seuls au monde avec une vue dégagée et un coucher de soleil donnant une magnifique teinte orangée au ciel, mais aussi aux hautes herbes recouvrant le plateau où nous nous trouvons. Le bivouac est prêt in-extremis avant le dernier rayon de soleil et c’est désormais un ciel limpide et rempli d'étoiles qui nous est offert.
Bien que nous ayons opté pour le bivouac en tente, il est également possible de passer la nuit au refuge du Seignas. Situé à seulement quelques centaines de mètres de notre campement, il est ouvert toute l’année et propose jusqu'à 15 couchages, un poêle à bois et de l’eau (non potable).
J2 : sommet des Monges et retour au parking
[i_con name=”line-chart” class=”” unprefixed_class=””] + 549 m / – 131 m [i_con name=”arrows-h” class=”” unprefixed_class=””] 7 km [i_con name=”history” class=”” unprefixed_class=””] 6h30Réveil à l’aube (5h30) en ce deuxième jour, mais nous sommes au mois de juillet et la chaleur commence à se faire sentir dès 10 h. Nous plions la tente, mangeons une barre de céréales et retournons sur nos pas de la veille. Précisons qu’il est tout à fait possible d’aller plus loin depuis le col de Clapouse. Parmi les options disponibles, il y a notamment Barles (7 km), Authon (12 km), le Col de la Croix de Veyre (2 km) ou Selonnet (18 km). Tout cela est bien tentant, mais ce sera pour une prochaine fois.
L’itinéraire commence donc par ce retour aussi facile et agréable que la veille d’à peine une heure. De retour sur la piste principale (le Pradon), impossible de se tromper, le même panneau qui indiquait le col de Clapouse indique également le sommet des Monges à 5,5 km en suivant un tracé jaune. L’ascension se fait sans grosse difficulté et le dénivelé est plutôt clément. Nous atteignons tout d’abord la crête du Raus (1 892 m) après environ 1 h 30 de marche et quittons la piste principale pour un plus petit sentier (beaucoup) plus raide qui nous mène jusqu’à la crête de Coste Belle (2 106 m) en 45 minutes supplémentaires.
Le sommet des Monges n’est plus très loin et nous sommes chanceux, car les panneaux annoncent la présence de patous que nous ne croiserons finalement pas. Nous marchons à peine 500 petits mètres de plus sur la crête sans dénivelé et nous y sommes.
Le sommet des Monges et ses promesses tenues avec un panorama à 360° sur presque l’intégralité des sommets de la région et ceci jusqu’à la Sainte-Victoire ou le Mont Ventoux. Il est possible de jeter un œil à la table d’orientation pour un aperçu détaillé de ce que vous voyez. Nous prenons quelques instants pour profiter de la superbe vue qui fut tout de même la raison principale de nos efforts.
Il n’est pas encore tout à fait 11 heures, mais le soleil commence déjà à se faire sentir de plus en plus. Il est désormais temps de retourner au parking par le même itinéraire, ce qui prendra un peu moins de 3 heures (eh oui, ça va décidément plus vite en descendant). Précision importante, il est tout à fait possible de faire cette randonnée sous forme de boucle. Plusieurs options s’offrent à vous. La première consiste à rejoindre le col de la Croix de Veyre depuis le sommet des Monges (pas de trace, il faudra un GPS) plutôt que de revenir sur ses pas. De là, vous n’avez qu’à suivre le col de Clapouse puis le lac des Monges (même itinéraire que celui que j’ai fait au départ du bivouac). L’autre option est de faire une boucle similaire à celle faite le premier jour (lac des Monges, col de Clapouse, col de la Croix de Veyre, sommet des Monges, retour par le sentier principal).
Oui, je sais ce que vous vous dites. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas avoir suivi le col de la Croix de Veyre depuis Clapouse puisque j’y étais ? Eh bien, la raison est simple. Étant équipé d’un GPS capricieux et ayant eu échos de l’absence de trace entre le col de la Croix de Veyre et le sommet des Monges, je n’ai pas pris le risque. Le risque de se perdre dans cette zone est très faible, toutefois l’envie de boucler la randonnée avant midi et son soleil de plomb aura fini de nous convaincre d’aller au plus simple, à savoir, la piste principale. De plus l’option prise n’est en réalité pas beaucoup plus chronophage tant par la distance que l’absence de dénivelé pour revenir sur la piste principale. Sans regret donc, mais je tenterai sans doute la boucle hors saison estivale et/ou en possession d’un GPS digne de ce nom. La section du GR6 reliant le refuge du Seignas à Selonnet est également bien tentante et fera sans doute l’objet d’un prochain article. En attendant, vous pouvez lire le récit de GregOutdoor sur le sentier la Routo dans le massif de l'Ubaye.
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