Chamonix Briançon en raquettes

Destination : Provence Alpes Côte d'Azur » France » Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne : Alpes ; Beaufortain ; Vanoise | Activité : Raquettes à neige  | Agence : Pedibus 
Nombre de jours : 10 jours | Dificulté : 4 | Dénivelé : +7850 m/-8028 m | Type d'itinéraire : Ligne | 
Ecosystème : Montagne | Hébergement : Gite d'étape et Refuge
Meilleures Périodes : Mai
10 jours de raquettes entre Chamonix et Briançon. A l'heure où le printemps éclos, la grande classique des Alpes, revêt un manteau changeant entre blancs neigeux et couleurs naissantes, silence hivernal et chants (champs) printaniers. Juste incroyable !
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Mont Blanc, Beaufortain, Vanoise, Thabor… autant de massifs traversés pour le plaisir des yeux et du corps. Si Chamonix – Zermatt est considéré dans le coeur des randonneurs à ski comme un itinéraire de légende, il se pourrait bien que les 150 km de marche de Chamonix – Briançon le deviennent rapidement pour les doux dingues de la raquettes. Que faites-vous le printemps prochain ?

Fiche Technique

La randonnée en raquettes a été réalisée avec l’agence Pedibus.

  • Date de la randonnée : mai  2006
  • Type de randonnée : Itinérante avec portage du sac à dos pour deux ou trois jours
  • Niveau de la Randonnée : Pour bons marcheurs en montagne.
  • Dénivelé positif moyen : 785 m
  • Dénivelé positif total : 7850 m
  • Dénivelé négatif total : 8025 m
  • Durée moyenne de marche : 6h00
  • Hébergement : refuges et gîtes d’étrape
  • Lieu de départ : Chamonix
  • Lieu d’arrivée : Briançon

Ce raid débute par 5 jours dans le Beaufortain. Ce massif, posé entre Mont-Blanc et Vanoise a su développer un « tourisme doux », où Homme et environnement arrivent à trouver un équilibre harmonieux.

Devant soi, on découvre tout à coup la montagne de ses rêves… Tout y est : la crête des sommets enneigés dessinant l’horizon, les prés d’un vert intense où paissent les Tarines, les fermes à flanc de prairies, le petit village serré autour de son clocher et, partout, les chalets traditionnels disséminés dans la montagne.

Jour 1 : Chamonix – Contamines Montjoie

  • D+ : 800 m
  • D- : 880 m
  • Temps : 7h00

8h30, le train arrive en gare de Saint Gervais. Prêts à partir, d’autres randonneurs attendent comme moi. Le minibus nous dépose au parking de Bettières à Bionnassay (1350 m). Alain distribue le matériel : raquettes, bâtons, Arva et pique-nique.

Nous emboîtons le pas d’Alain pour les 10 prochains jours dans la direction du sud où nous atteindrons Briançon. Le ciel est gris, une pluie fine déperle sur nos capes. C’est parti !

Combe de TricotCol du Tricot

Dans le sous-bois, nous chaussons les raquettes. La quantité de neige n’est pas très importante mais par endroit, nous nous enfonçons jusqu’au genou. Inutile de se mettre dans le rouge dès le départ. Afin d’avoir la meilleure neige possible, nous suivons le torrent de Bionnassay. Il nous conduit à une très jolie cascade annonçant la langue du glacier de Bionnassay (1760 m). Nos regards se lèvent vers la masse qui s’impose face à nous : Le Mont Blanc. Mais son sommet est enfoui sous une purée de nuage.

Decente vers Miage

 

Nous empruntons le passage des échelles. Nous sommes sur une des variantes du Tour du Mont Blanc. On casse la croûte au milieu de la combe du tricot. Face à nous, l’aiguille de Bionnassay (4052 m), l’aiguille du Goûter (3863 m) et le dôme du Goûter (4304 m) noyé sous d’épais nuages. Une courte et petite fenêtre nous permettrons de toiser quelques secondes ces sommets. Le Mont Blanc continuant à nous faire la gueule.

Bois des ContaminesRassasiés, nous passons le col du Tricot (2120 m) où deux aigles royaux nous accueillent par des voltiges spectaculaires. La descente vers les chalets de Miage est un savant mélange de neige, de terre et de roche. Pas le choix, il faut descendre. Debout, on se retrouve vite à terre.  Assis, on se racle sur les rochers. C’est laborieux !

Quatre bouquetins se dressent fièrement près des ruines de la Turche devant et effacent d’un coup cette galère. Nous traversons les chalets de Miage. L’hiver, tout est fermé en raison du mauvais accès des lieux et des risques d’avalanche. Nous contournons le Mont Truc pour descendre vers les Contamines Montjoie.

Installation au gîte d’étape du camping à la sortie du village.

Jour 2 : Contamines Montjoie – Hauteluce

  • D+ : 1105 m
  • D- : 1095 m
  • Temps : 7h00

Départ 8h00 des Contamines Montjoie par le chemin de croix qui longe le torrent du Bon Nant et passe par Notre Dame de la Gorge. A son sujet  écrit Roger Frison Roche dans Mont-Blanc aux sept vallées « Lieu de pèlerinage fort ancien, curieux oratoire de style baroque, couvert de fresques Renaissance et de dorures, dans la plus pure tradition de la Savoie religieuse… » .

L’adorable chapelle Notre-Dame de la Gorge, blanche et pimpante, chapelle au fronton peint où toutes les jeunes filles ont rêvé de se marier, marque la fin de la route et le départ vers sentiers et chemins de montagne.

Le sentier rétrécit et traverse gorges escarpées. Peu après Nant Borrant, nous bifurquons plein ouest vers les Prés Chal. Petite halte au pied du bois de la Rollaz. Nous traversons le bois, la pente est raide et le terrain glissant, ce qui nous oblige à chausser les raquettes. A la sortie du bois, le pâturage de Balme est plus vallonné. Les premières marmottes du printemps passent la tête de leur terrier pour sonder leur environnement. C’est encore trop tôt, elles replongent dans leur galerie pour attendre la fonte complète de la neige.

Bois de la RollazDescente vers Hauteluce

Exercice d'ArvaTraversée du Plan de la Fenêtre et montée nettement plus sévère jusqu’ au col. Le temps se bouche au col de la Fenêtre (2245 m) d’où le panorama à 360 ° donne le vertige. Magnifique vue sur le massif du Mont Blanc à l’est, le Beaufortain et les Aravis à l’ouest. Nous pénétrons dans le Beaufortain, massif vivant aux traditions rurales bien ancrées.

Nous traversons la Grande Pierrerre pour rejoindre un petit lac en formation. Petite exercice d’Arva en prévision d’avalanches que personne ne souhaite rencontrer. Nous suivons un cours d’eau saisonnier dans une descente vallonnée qui nous conduit sur une des pistes de ski de la station du Val Joly. Au parking de Belleville, un car nous emmène au gîte de Savoie Claire entre Hauteluce et les Saisies. Au soleil couchant, assis près du gîte, je regarde les derniers reflets du soleil se poser sur le Mont Blanc. De ces têtes à tête intime, on ne peut s’en lasser…

Chaîne du Mont Blanc depuis le gîte de Savoie Claire

Eglise baroque d'HauteluceJour 3 : Hauteluce – Le Bersend

  • D+ : 715 m
  • D- : 1055 m
  • Temps : 5h00

Aujourd’hui est une étape de transition avec la haute montagne. Nous échangerons nos raquettes pour nos pieds et la neige par de bons sentiers de marche. Au petit matin, nous gagnons Hauteluce et sa formidable église baroque dominée par un clocher à bulbe haut de 55 mètres.

Nous descendons par le Praz puis par les Côtes avant d’entrer dans un jolie bois d’hêtres, d’épicéas et de sapins. Nous passons l’aval des gorges du Dorinet puis grimpons à travers champs jusqu’à la chapelle de Domelin où nous cassons la croûte. Face à nous, la vallée de Doron. Nous prenons toute la mesure du Beaufortain. Une montagne des hommes, que les habitants n’ont pas désertée. Les beaufortains y vivent leur vie de montagnards, invitant le vacancier à faire un bout de chemin avec eux et à partager leur pays.

Vallée de Doron

Nous visitons Beaufort et sa fruitière. Le Beaufort est un fromage à pâte pressée cuite de type gruyère reconnu Appellation d’Origine Contrôlée depuis 1968. Il se distingue des autres gruyères par :

  • sa zone de fabrication est principalement limitée au Beaufortain, à la Tarentaise et à la Haute Maurienne,
  • son lait provient des vaches de race tarine et abondancière,
  • sa transformation : cru et entier. C’est donc un fromage gras,
  • son affinage lent (minimum 6 mois) et réalisé dans des caves fraîches (10°C) et humides,
  • son talon concave,

Bois de PellazCoopérative de Beaufort

Si comme moi vous appréciez le fromage, faites un tour à la coopérative de Beaufort. Vous n’en mangerez plus par hasard.

Nous empruntons ensuite le Défilé d’Entreroches, puis remontons côté ubac pour gagner Le Bersend et y passer la nuit.

BersendJour 4 : Le Bersend – refuge du plan de la Laie

  • D+ : 1180 m
  • D- : 515 m
  • Temps : 6h30

Départ après le petit déjeuner copieux de l’hôtel Viallet par le sentier forestier de l’oratoire. Il nous mène au col du Pré (1703 m). En chemin, belles vus sur les Saisies. Après le passage du col, nous poussons un peu plus haut pour admirer la vue. Outre le lac de Roselend en contrebas, nous pouvons observer un panorama à 180 ° de l’aiguillez de Bionnassay à la Pierra Menta.

Bois de BersendBois de Bersend

Les ventres gargouillent : l’heure du repas a sonné. Nous nous arrêtons sur la terrasse d’un restaurant fermé à cette saison. Christian sort de son sac un délicieux morceaux de foie gras et un moelleux de Bergerac. On a failli ne pas repartir !

Nous passons le barrage de Roselend. Dès 1950, la France est à la recherche d’énergie. C’est ainsi que sont lancés dès 1956 de grands travaux dans le Beaufortain avec la construction du barrage de Roselend. D’une longueur de 800 m, il va noyer de 187 millions de m3 d’eau les plus beaux alpages du Beaufortain. Seule subsiste la chapelle de Roselend qui a été déplacée à l’extrémité du lac sous le rocher du Vent (2360 m).

Lac de RoselendChapelle de Roselend

Dans les contreforts du Méraillet, des marmottes sont sorties de leur hibernation et nous le font savoir. Curieuse, elles s’approchent et disparaissent à nouveau. Pour finir la journée, le sentier monte en lacets jusqu’au refuge du plan de la Laie (1822 m) situé dans des pâturages dominés au sud par l’Aiguille du Grand Fond (2920m).

Cormet de RoselendJour 5 : Refuge du plan de la Laie – Granier sur Aime

  • D+ : 925 m
  • D- : 1135 m
  • Temps : 7h30

Réveil militaire pour cette longue étape de raquettes en terrain alpin. Le soleil se lève à peine lors de notre démarrage et glisse ses chaudes couleurs rosées sur la neige perlée par le froid. Nous atteignons le Cormet de roselend par un jolie vallon. La neige brille de mille éclats.

Nous traçons ensuite sud-est pour récupérer la trace du tour du Beaufortain. Nous remontons la Combe de la Neuva, cet extraordinaire creusé, encadré par des pics de impressionnants (aiguille du Grand Fond, pointe de la Terrasse…), pétris par des géants selon la légende. En toile de fond, le majestueux Mont Blanc, toujours aussi imperturbable.

Cormet de roselendCormet de Roselent

Nous passons le col du Petit Fond peu après midi d’où jaillit la Pierra Menta (2714 m), autre sommet de légende. L’histoire raconte que Gargantua, le géant de Rabelais, donna un coup de pied si fort dans les Aravis que la roche se détacha et fut projeté jusqu’à former la Pierra Menta dans le Beaufortain.

Plus loin, les sommets de la Vanoise se dressent pour nous annoncer les prochaines étapes. Nous descendons sur le lac encore gelé du Presset. Alain y creuse un trou à l’aide de son piolet et récupère de l’eau pour remplir les gourdes. Nous poursuivons la descente, passons le refuge de Presset et celui de Balme. Derrière nous un éboulis de roche nous fait dresser l’oreille. Des bouquetins se déplacent sur les contreforts de la pointe de Gargan (2767 m).

Col du petit fond

Nous poursuivons la descente. La neige devient de plus en plus molle jusqu’à disparaître. La navette vient nous chercher à Saint Guréin et nous conduit à Granier sur Aime pour la nuit. Andrée et Alain quitte le groupe ici. Pour les autres, nous poursuivons notre raide Chamonix – Briançon par la traversée de la Vanoise.

Pierra MentaDescente vers Saint Guerin

 

Jour 6 : Tignes – Refuge de la Leisse

  • D+ : 835 m
  • D- : 500 m
  • Temps : 4h30

Hier, Andrée et Alain nous quittaient. Aujourd’hui, nous récupérons Philippe à la gare de Bourg Saint Maurice. direction Tignes. En fin de matinée, nous démarrons la journée au coeur des chalets immeubles de Val Claret (2100 m). Nous remontons le vallon du Paquis par les pistes. Les skieurs incrédules nous observent. Imperturbablement, nous coupons leurs traces avec attention pour ne pas nous retrouver nez à nez avec l’un d’entre eux. A y regarder d’un peu plus près, c’est la rencontre de deux mondes différents : celui de la culture des loisirs actifs et celui de la pratique sportive en recherche de symbiose avec la nature.

Vers le col de la LeisseVers la pointe des grands prés

Nous contournons les rochers de la petite Balme, entrons dans le parc national de la Vanoise, et passons le col de la Leisse (2767 m). Les glaciers de la Grande Motte sont face à nous. Des skieurs descendent la partie exploitée par la station de Tignes. Je tourne la tête pour une autre montagne, plus authentique, plus nature. Nous montons un peu plus haut en contrebas de la pointe des Grands Prés en passant par les lacs gelés de la Leisse.

Devant nous le vallon de la Leisse domine l’horizon. Le soleil brille intensément sur le manteau neigeux à nous en faire plisser les yeux. Nous nous engouffrons dans ces vallonnements avec un plaisir sans vergogne. Glissades, sauts, chutes et rires témoignent de l’ambiance. Un peu plus bas, le plan des Nettes, lac gelé, qui signifie sable fin en patois local, nous transporte dans des contrées nordiques.

Vallon de la LeissePlan des Nettes

Nous atteignons le refuge de la Leisse (2487 m) au pied de trois génats de la Vanoise : La Grande Motte (3653 m), la Grande Casse (3783 m) et la pointe de la Sana (3436 m). Il est formé de trois chalets de type Chaloin où vivait encore l’une des dernières colonies de bouquetins en 1963 au moment de la création du Parc national de la Vanoise. Sylvie, la gardienne, est venue à ski pour nous ouvrir le refuge. Chapo !

De nombreuses marmottes ont élu domicile tout autour du refuge. Une partie de cache cache s’entame avec elles…

Refuge de la LeissePointe de la Réchasse

Pointe de la RéchasseJour 7 : Refuge de la Leisse – Bramans

  • D+ : 425 m
  • D- : 1015 m
  • Temps : 5h00

Lever à 6h30 après une nuit fraîche. Nous descendons le vallon de la Leisse direction la Pointe de la Réchasse. A plusieurs reprises, nous traversons des restes d’avalanche provenant principalement des couloirs vertigineux de la Grande Casse.

Les pentes exposées au nord de la droite du vallon sont appréciées des chamois. Pendant plusieurs minutes s’opèrent un étrange face à face, ne sachant plus très bien qui observe qui. Sans s’en rendre compte, nous atteignons Entre-Deux-Eaux à la confluence de la Leisse et de la Rocheuse. Vraisemblablement exploités depuis 2000 ans, ces alpages portent des constructions datées du XVIième siècle. Chaque famille y produisait son beurre, sa tomme et son bleu de Termignon. Aujourd’hui, les alpagistes ne demeurent pas en continu dans les chalets : ils effectuent des allers-retours quotidien pour descendre le lait ou remonter des provisions.

Vallon de la Leisse

Nous laissons le GR5 de côté pour un court moment pour se poser sur les contreforts rocheux qui dominent le Doron de Termignon. Nous y prenons le pique-nique. Un renard passe devant nous, tourne la tête, et détale sans que personne n’est eu le temps de faire un mouvement. Nous le recroiserons un peu plus loin. Mais sa méfiance le feront toujours déguerpir. Nous traversons le lacs de Lait et passons prendre un café au refuge du Plan du Lac (2384 m). Le gardien nous explique que la fonte a pris des proportions incroyables depuis deux jours.

PrêtPartez...

Les nuages sont venus nous tenir compagnie pour cette fin de journée. Nous passons le plateau de Bellecombe qui tient de lieu de départ pour les randonnées estivales. La navette nous récupère au Sufflet (1862 m) pour un transfert vers Bramans.

Jour 8 : Val Fréjus – Refuge du Thabor

  • D+ : 960 m
  • D- : 90 m
  • Temps : 4h00

Après un crochet par Modane pour acheter un peu de matériel de randonnée, le groupe se prépare à partir. Nous sommes à Val Fréjus. Nous remontons une piste de ski de la station par le vallon de Charmais. Pas un centimètre de neige. Un peu après les herbiers, nous faisons une halte pour se désaltérer. Une marmotte, peu farouche, vient nous rendre visite. Elle pointe le bout de son museau vers le ciel comme pour mieux nous sentier.

MarmotteCombe des Roches

A hauteur du pont de la Glaire, nous chaussons les raquettes. Devant nous, un autre groupe Pedibus qui randonne autour du Mont Thabor monte également. Nous entrons dans la combe des roches, passons l’autre groupe et stoppons aux ruines de la levette pour prendre le pique-nique. Pas de végétation à l’horizon : le massif du Thabor est un monde sans arbre, un monde minéral où l’on ne trouve que pelouses, alpages et landes. Nous ne nous attardons pas car le brouillard se lève. Il vient de la vallée étroite.Nous traversons les combes à travers le brouillard et pointons vers la Gringoil (2638 m) pour tomber sur le col de la vallée étroite qui s’ouvre sur la vallée du même nom. Celle-ci, bien que géographiquement et humainement tournée vers l’Italie, est administrativement française depuis 1947.

Combe des rochesRefuge Thabor

Le refuge est tout proche. Nous le savons mais ne l’apercevons pas. Le brouillard est trop dense. La fine pluie s’est transformée en neige. A l’arrivée au refuge, Alain, Philippe, Christian et moi prenons des bidons pour remplir notre mission : faire le plein d’eau au lac rond tout proche.

Demain, c’est une longue étape. Espérons que le temps s’arrange…

Vallon du PeyronJour 9 :  Refuge du Thabor – Refuge des Drayères

  • D+ : 905 m
  • D- : 1170 m
  • Temps : 7h00

Départ à 6h30 en prévision du mauvais temps. Du refuge, nous rejoignons le col de la vallée étroite (2528 m), le premier des quatre cols de la journée. Nous pénétrons dans les vallons de la Dame et du Perron.

Du fond de la vallée, au bord du lac Peyron, nous devinons la chapelle du Mont Thabor (3178 m). Ce sommet qui donna son nom au massif reste mystérieux et attise la curiosité. Deux hypothèses concernant son nom : une remontant à l’époque des croisades, d’où le nom viendrait de la ressemblance avec le Mont Thabor en Palestine (où s’opéra la transfiguration du Christ) tandis que l’autre viendrait de l’histoire locale de nombreuses familles de Modane qui se nommaient Taburd ou Tabord. L’existence de la chapelle Notre Dame des Sept Douleurs à proximité immédiate du sommet du Mont Thabor est attestée au XVIIe siècle, mais son existence est dans doute bien antérieure, possible réminiscence de culte solaire ancien. Plusieurs fois détruite par des incendies, elle fut toujours reconstruite. Elle appartient aujourd’hui au village italien de Mélezet. Un chemin de croix accompagne les randonneurs et les pèlerins sur le chemin d’accès depuis le Col de la Vallée Étroite.

Grand SeruVallée étroite

Nous opérons ensuite une série de zig-zags pour passer au pied du Grand Seru (2888 m). Le col des Méandes est au fond des chances du Peyron. Nous traversons son dôme enneigé avant de plonger dans le vallon de dîner. Nous prenons sud ouest et passons au pied du Grand Adret (2750 m) pour emprunter le col blanc (2628 m). Nous dépassons le lac, contournons un piton rocheux et descendons tout en glissade sur le lac Chardonnet. Nous y faisons le plain des gourdes, car si le temps est relativement couvert, il fait chaud et nous buvons énormément. Du lac, nous montons jusqu’au col des Muandes (2828 m) où nous prenons le pique-nique.

Chance du Peyron

Alain nous conduit à la Roche du Chardonnet (2950 m). De son sommet, belle vue sur les vallées de Valmenier et du Peyron. quelques pans de neige se décrochent suite au réchauffement ambiant. Du Chardonnet, nous gagnons le refuge des Drayères par le lac Rond. La neige fond à vue d’oeil. Le ciel est noir : nous mettons les Goretex de peur d’être noyé sous la pluie. Mais l’orage attendue ne viendra pas et ce n’est qu’un léger filet d’eau qui nous accompagnera jusqu’au refuge. Demain, le gardien rentre chez lui. Nous aussi déjà !

Remplissage des gourdes au lacChardonnetRefuge des Drayères

Jour 10 :  Refuge des Drayères – Névache – Briançon

  • D+ : /
  • D- : 570 m
  • Temps : 3h00

Il pleut des cordes à notre réveil. La météo n’annonce pas d’amélioration. Nous décidons de chuinter l’ascension du Seuil des Rochilles et de descendre directement sur Névache par la vallée de la Clarée.

Vallée de la claréeVallée de la Clarée

C’est la vallée la plus en amont du Briançonnais faisant frontière avec la Savoie et avec l’Italie. Elle communique avec la première au Seuil des Rochilles (2425 m) et avec la seconde par le col routier de l’Échelle  (1767 m), l’un des plus bas en altitude de la chaîne frontalière. Celui-ci donne également accès à la Vallée Étroite, rattachée à la France et à la commune de Névache en 1947.

La navette nous récupère à Névache pour un transfert à Briançon. Un bien être contemplatif s’était installé au cours de ce raid en raquettes. Une ambiance très chaleureuse, des complicités sont nées. Chacun se dit donc au revoir à regret car « la neige possède ce secret de rendre au coeur en un souffle la joie naïve que les années lui ont impitoyablement arrachée » (Antonine Maillet). Merci à tous !

A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer l...



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