statistiques Matomo

La vallée des roses à pied

4 jours et demi de randonnée dans la Vallée des Roses au Maroc entre jardins fleuris, villages berbères, kasbahs et rivières. Un superbe itinéraire accessible.

Focus Rando :La vallée des roses à pied
5 jours+1561 m/-1703 m76,8 km2
RandonnéeBoucleBivouac, gite_detape
MarocAvion
Campagne, MontagneMars, Avril, Mai, Octobre

4 jours et demi de randonnée au milieu des jardins fleuris de la vallée des roses au sud du Haut-Atlas marocain. Bienvenue en pays berbère.

Au programme de cette randonnée que j’ai réalisée avec La Balaguere 4 jours et demi à pied dans la Vallée des Roses qui suit le cours de rivières qui descendent du Haut-Atlas. De village en village, entre les maisons en pisé, les Kasbahs et les jardins sertis d’arbres fruitiers et de roses. Bienvenue en pays berbère.

J1 : En route pour la vallée des roses – Boutaghrar – Timgallouna

+ 162 m / – 137 m 4,6 km Bivouac

Je peux le dire haut et fort : « J’ai une fascination profonde pour le Maroc ». J’ai déjà bien arpenté le pays à pied. Ma première randonnée remonte à 2001 ou 2003, la mémoire me fait défaut. Pendant 11 jours, j’avais marché des Aït Bougmez à Keela M’Gouna par la vallée des roses justement. Depuis, je suis revenu souvent au Maroc : le massif du Siroua, le Saghro, le Sahara à plusieurs reprises du côté de l’erg Merzouga et des dunes et des oasis au sud de M’hamid, l’Est du Haut-Atlas et j’en passe.

Je repense à tous ces voyages alors que nous sommes en route dans un bus pour la Vallée des Roses par le col de Tizi-NTichka (2260 m). Mon regard se perd sur des visages, des djellabas, des détails d’architecture berbères, des teintes ocre mouchetées d’arbres verts, des sommets enneigés… que sais-je encore.
Premier arrêt au col de Barkha (1470 m). Première image.

Des odeurs familières d’épices me remontent aux narines et m’extirpent de cet état second alors que nous traversons Ouarzazate. Il ne faut que quelques minutes à mon estomac pour se faire entendre. 30 mn plus tard, la pause déjeuner arrive à point ; mon estomac criait famine.

Arrêt à Kelâat M'Gouna, capitale marocaine de la rose pour faire les derniers achats. J’en profite pour acheter quelques cacahuètes salées qui feront office d’encas pendant la randonnée. Passage par la vallée de Ksoura, la vallée des 1000 kasbahs. Si la plupart de ces maisons fortifiées sont en ruine, certaines reprennent vie grâce au tourisme.

Début de la randonnée à Boutaghrar. Nous remontons le lit de la rivière M’Goun où coule abondamment de l’eau. Nous croisons nos premiers arbres fruitiers. Bivouac après le village de Timgallouna lorsque le soleil se couche derrière la montagne.

J2 : Timgallouna – Aguerzagua

+ 304 m / – 107 m 11 km Bivouac

La nuit dernière a été hachée par des bourrasques et des averses soudaines. Chacun se réveille la tête plus ou moins enfarinée avant d’aller prendre le petit-déjeuner sous la khaima.

Pas de lever de soleil ce matin, le ciel est couvert, ce qui n’empêche pas la bouscarle de Cetti de chanter à tue-tête.

Aujourd’hui, nous remontons le lit de la rivière M’Goun, pas jusqu'à sa source dans le Haut-Atlas. Nous longeons les champs cultivés d’orge et de blé, les pêchers en fleur, les figuiers, les amandiers.

Passage par le village de Tisguine où nous sommes accueillis par des enfants dont certains nous réclament, sans trop insister, stylos, bonbons ou argent. Des femmes traversent le village ou portent du fourrage pendant que les hommes sont assis en groupe en bord de maison. Les habitudes culturelles ont partout la dent dure.

À la sortie du village, pause cacahuètes dorées de sésame et de dattes. Une huppe fasciée passe nous voir pendant que le pic vert chante lui aussi. À partir d’ici, nous entrons dans les gorges du M’Goun. Il nous faut chausser de quoi marcher dans l’eau. Les traversées du lit du M’Gnoun sont incessantes, peut-être quinze ou vingt fois. Impossible de nous déchausser pour nous rechausser à chaque traversée. L’eau est froide, mais on s’y fait malgré le vent qui vient incessamment nous fouetter les mollets.

La montée par les gorges est très progressive. Le spectacle est incroyable.

À la sortie du lit de la rivière, au niveau du village d’Aguerzagua, des enfants nous accueillent de leurs sourires bien larges et de leur espièglerie. Le campement est situé 15 mn plus loin à la sortie du village à 1815 m.

J3 : Aguerzagua – Amejgag

+ 789 m / – 739 m 20,2 km Gîte d'étape

Nous quittons ce matin les hauteurs du village d’Aguerzagua par une piste en construction qui devrait notablement modifier cette partie de la vallée une fois qu’elle sera terminée.
À une intersection, le groupe se divise en deux : d’un côté un long itinéraire, celui que j’emprunte, et de l’autre côté, le chemin le plus court par lequel passent les mules (4h30 de marche) et deux personnes du groupe.

Nous remontons en pente très douce l’assif Tin Figham (la rivière des fissures). Il est complètement à sec. Nous croisons quelques familles de nomades Imgoune qui vivent dans des habitats troglodytes sommaires, parfois dans une maison en pisé plutôt délabrée, faute de moyens suffisants. Il migre l’été avec leurs chèvres et leurs moutons sur le plateau de Tarkedit au pied du M’Goun.

Nous traversons des gorges puis poursuivons dans le lit de la rivière, beaucoup plus large. Nous nous arrêtons chez une famille de nomade pour prendre le pique-nique et boire du thé à la menthe. Bien que cela soit le ramadan, Adjou accepte volontiers. Je m’étais déjà arrêté dans la même maison il y a plus de 20 ans lorsque j’avais marché des Aït Bougmez à Kelâat M'Gouna par le sommet du M’Goun. Je me souviens qu’à l’époque, j'avais photographié des enfants. Adjou était peut-être l’un d’eux. Elle ne connaît pas son âge et c’est difficile de lui en donner un. Elle a six enfants de 2 à 15 ans qui arrivent pour les plus âgés avec le troupeau de chèvres.
Nous échangeons tout en prenant notre pique-nique et lui laissons nos restes de denrées : des tomates, des oranges, un peu de pain et des concombres. La vie ne doit pas être facile pour eux d’autant qu’il n’y a plus d’écoles pour les enfants faute de financement.

Nous reprenons le chemin entouré par les cyprès de l’Atlas et quelques genévriers turifères pour rejoindre un col sans nom à une altitude de 2496 m qui offre une jolie vue sur le massif du M’Goun.

Nous entamons la descente caillouteuse mais pas très raide en direction du village d’Ameskar. Quelques enfants nous accompagnent, toujours aussi curieux et amusés d’être avec ses étrangers qui marchent sans autre but que de passer du bon temps.

Nous traversons les gorges d’Amejgag et arrivons à l’entrée du village éponyme où nous faisons étape au gîte chez Oulhou à 1845 m. Ce soir, nous avons le privilège de prendre une douche chaude.

J4 : Amejgag – gorges d'Agouti – Boutaghrar

+ 199 m / – 416 m 21 km Bivouac

Après le petit-déjeuner, nous traversons le très beau village d'Amejgag. Nous voyons clairement que le village est plus riche que ceux que nous avons croisé précédemment. À côté des maisons traditionnelles en terre crue, des habitations en parpaings, toujours dans le style marocain, ont pris vie depuis mon dernier passage il y a plus de 20 ans. L'électricité est désormais dans toutes les maisons et la route facilite les déplacements. Pour autant, la vie reste très rurale et les habitants continuent à travailler dans les champs. À la sortie du village, nous nous arrêtons devant une fresque de l'école du village sur laquelle est écrit en amazigh : « L’étude, c’est la vie ». Des mots lourds de sens…

Nous longeons l'assif el Oati jusqu'au village d'Allemdoun où les larges parcelles de champ s'ouvrent sur le Haut-Atlas. Nous croisons un cimetière berbère qui apparaît à nos yeux d'occidentaux chaotiques tant il semble à l'abandon. Les tombes semblent avoir été disposées sans ordre et la végétation est venu s'immiscer un peu partout.

Nous traversons les gorges d'Agouti serties de lauriers roses. Ils ne sont pas encore en fleurs. Ils le seront un peu plus tard de mai à septembre. Un filet d'eau coule dans le lit de la rivière. Mais contrairement aux gorges du M'Goun, nous n'avons pas besoin de nous déchausser pour traverser. Courte pause cacahuètes et dattes à l'ombre de la paroi rocheuse.

À la sortie des gorges, nous partons vers l'Est et remontons le lit de la rivière de l'oued El Oati. Nous longeons la piste ainsi que plusieurs villages dominés par des kasbahs. Ces maisons fortifiées sont le symbole de la protection contre les envahisseurs. Si c'est une place forte militaire, c'était aussi un lieu culturel important. Aujourd'hui, avec la pacification des tribus du Maroc, n'ont plus de rôles militaires. La plupart sont en ruine mais certaines retrouvent une seconde vie grâce au tourisme.

C'est aussi le long de l'assif El Oati que nous croisons la majorité des plantations de roses. Ici, c'est la rose de Damas qui est cultivée dans de petites parcelles. Les fleurs sont roses, semi-doubles, et présentent une odeur sucrée. Saviez-vous qu'il faut 5 tonnes de pistilles pour produire 1 litre d'huile essentielle ? L'eau de rose ne demande quant à elle qu'1 kg pour 1 litre d'hydrolat. La fleur de rose a donné son nom à la Vallée des Roses, même si d'autres fleurs ont aussi des fleurs roses dans la vallée comme le laurier ou le pêcher. C'est d'ailleurs ce dernier qui était en fleur lors de notre randonnée qui a eu lieu fin mars.

Nous traversons le gros village de Boutaghrar qui semble danser entre modernité et tradition. Bivouac à la sortie du village.

J5 : Boutaghrar – Taberkhachte

+ 113 m / – 242 m 20 km Auberge

C'est déjà la dernière journée de marche de notre semaine de randonnée dans la Vallée des Roses. Nous la passons à suivre l'oued M'Goun qui prend de l'ampleur plus au sud lorsque l'oued El Oati le rejoint. Nous traversons l'oued sur un rondin de bois. Nous traversons avec beaucoup d'attention pour ne pas tomber dans l'eau. L'idée étant plus de protéger nos affaires, en particulier nos appareils photos ou nos smartphones, car nous aurons les pieds dans la rivière une bonne partie de la journée. Ce n'est d'ailleurs pas désagréable car il fait très chaud.

Nous longeons des canaux d'irrigation qui n'ont rien à envier aux levadas de Madère ou aux bisses suisses. Nous traversons le village de Timstiguite. Dans le bas du village, seule la mosquée est construite sur des fondations et en parpaings. Le reste des habitations est en pisé et tombe en désuétude. Si un tremblement de terre survenait, sûrement que seule la mosquée tiendrait debout.

Je ne compte plus les fois où nous avons traversé la rivière M'Goun. J'attends chaque traversée avec impatience pour faire baisser la température du corps.

Contrairement aux jours précédents, les muletiers suivent le même itinéraire que nous et ne sont jamais très loin. Ayant moins de poids à transporter, car le matériel de bivouac est parti par camion, les mules finissent par servir pour transporter celles et ceux qui ont envie de tester ce nouveau moyen de transport.

Les villages se succèdent : Eberouzen, Aït Saïd, Tourbist. A Touzrigte, nous achetons de l'eau dans une épicerie car nous risquons d'en manquer et vue la chaleur, mieux vaut éviter un coup de chaud.

Nous nous serions bien attardés un peu plus pour prolonger notre plaisir à marcher dans la vallée des Roses, mais La Balaguère a judicieusement prévu un hammam et avec le ramadan, les horaires d'ouverture sont plus restreints. Nous terminons notre randonnée à Taberkhachte où nous nous installons dans une auberge. Pas le temps de traîner, nous partons nous décrasser dans un hammam traditionnel de Kelâat M'Gouna. Au Maroc, le hammam est un rituel hebdomadaire qui purifie tant le corps que l'esprit.

Retour sur Marrakech

Le lendemain, il nous faut 8 heures de route pour rejoindre Marrakech en bus privatisé, en comptant les arrêts. De quoi laisser un peu de temps pour s'immerger dans les ruelles bondées de la ville rouge.

Quelles belles semaines de randonnée dans la vallée des Roses !

Cahier pratique pour randonner dans la vallée des Roses au Maroc

Comment s’y rendre ?

Vol direct depuis Paris et plusieurs villes de province pour Marrakech. Il est aussi possible de voler jusqu’à Ouarzazate, souvent en réalisant une escale à Casablanca. La Balaguère organise ensuite le transfert pour la Vallée des Roses depuis Marrakech.

Recherchez votre billet d'avion

Testez également le comparateur de billets d'avion de Kayak !
comparateur kayak

Avec qui faire cette randonnée dans la vallée des roses ?

Cette randonnée intitulée « Vallée des Roses et des Kasbahs » a été réalisée avec La Balaguère, spécialiste des voyages à pied et à vélo. L'agence propose 15 randonnées à pied au Maroc.

Quelle est la difficulté de la randonnée ?

Cette randonnée dans la Vallée des Roses présente des dénivelés assez faibles mais l'itinéraire progresse souvent dans des lits de rivières où il faut marcher sur un sol instable. Trois journées de marche ont une distance de 20 km.

Quel est le meilleur moment pour réaliser cette randonnée ?

Les bonnes périodes pour la Vallée des Roses sont le printemps et l'automne. L'été, il y fait trop chaud et l'hiver, le niveau des rivières est trop élevé pour randonner dans le lit des oueds. Le meilleur moment pour marcher dans la Vallée des Roses va de fin avril à fin mai lorsque les champs de rose de Damas sont en fleurs ainsi que les lauriers.

A lire

INSCRIVEZ-VOUS A LA NEWSLETTER
Pour être tenu informé de la publication des nouveaux articles sur I-Trekkings, inscrivez-vous à la Newsletter (2 fois/mois).
  • Le Meilleur moyen de soutenir I-Trekkings
  • Garanti sans spam
  • Non cession de votre adresse email à des tiers
  • Désinscription en 1 clic
Grégory ROHART
Fondateur d’I-Trekkings ainsi que des blogs I-Voyages et My-Wildlife, je privilégie la lenteur de la marche et les activités outdoor non motorisées pour explorer des territoires maritimes, montagneux ou désertiques. J’y observe la faune sauvage et vais à la rencontre des populations locales. Je randonne aussi bien en solo qu’avec des amis, ou aux côtés d’agences françaises et locales. J’accompagne également des voyages photo animaliers, mêlant immersion en pleine nature et apprentissage ou perfectionnement de la photographie animalière.

Laisser un commentaire


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Share via
Copy link
×