Grande traversée du Vercors à ski pulka

Destination : France » Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne : Vercors | Activité : Ski de randonnée nordique  | 
Nombre de jours : 3 jours | Difficulté : 3 | Dénivelé : +900 m/-800 m | Type d'itinéraire : Ligne | 
Ecosystème : Montagne | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Janvier et Février
La Grande traversée du Vercors à ski pulka fait partie des itinéraires mythiques hivernaux en France. Récit et trace GPS de notre expérience en bivouac.
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Cela faisait bien longtemps que nous parlions de cette grande traversée du Vercors à ski pulka. Bien longtemps que nous rêvions de cette cinquantaine de kilomètres à tracer avec nos skis sur les Hauts plateaux du Vercors. Et nous voici en cette fin février, non loin de Corrençon en Vercors, à quatre, avec deux pulkas pour transporter le nécessaire de bivouac. Fidèles à notre philosophie de “slow travel” nous partons sur des étapes courtes et l’envie de prendre le temps de savourer chacun des trois bivouacs qui nous attendent.

Un départ dans le brouillard

Nous chargeons les pulkas après avoir minutieusement vérifié l’équipement, corrigeons un ou deux oublis qui auraient pu devenir fâcheux et chaussons enfin les skis. Notre petit groupe de quatre s’élance dans une purée de pois qui donne le ton de cet itinéraire réputé paumatoire. Partis du site d’Herbouilly, nous traversons le bois des Essarteaux comme privés de nos sens. La vue est réduite à portion congrue et les sons, absorbés par l’épaisseur des brumes, finissent de se perdre entre le bonnet et la capuche qui nous protègent du froid mordant. Des extrémités parfaitement couvertes, de bonnes chaussures de ski de randonnée nordique, bien isolées, le classique système trois couches pour le tronc et un collant protégé par une salopette gore-tex constituent l’équipement que nous portons sur nous. Cela pourrait paraître une protection excessive au regard des températures, à peine -6°C selon la météo. D’autant que nous avons déjà expérimenté des températures bien plus sérieuses dans le parc norvégien de Dovrefjell avec un équipement similaire. Mais l’humidité se mêle au froid pour produire les conditions les moins confortables qui soient.

Nous progressons dans cette atmosphère ouateuse et peu à peu les troncs des hêtres et des épicéas s’espacent jusqu’à laisser place à une étendue blanche et sans repères. Un rapide coup d’œil à la carte topographique nous confirme que nous avons atteint les prairies de Darbounouse. 7500 hectares parmi lesquels il nous faut commencer par trouver la cabane éponyme et pique-niquer avant de tenter un cap S-SW à 200° pour retrouver l’itinéraire qui se perd dans la prairie. Contre toute attente, l’orientation se fait sans difficulté et le ventre plein et réchauffés par un thé brûlant nous poursuivons cap au Sud, dans un paysage toujours aussi plongé dans les stratus. Doucement vallonné, le terrain est jusque là facile et les pulkas chargées d’à peine une quinzaine de kilos glissent sans difficulté. Mais nous savons la suite probablement plus ardue et les places de bivouac devenant plus difficiles à trouver.

Avec la nuit tombant encore tôt à cette époque de l’année nous décidons de planter le camp dans la petite clairière de Pot du Play. Bien abrités du vent, avec une neige ni gelée ni trop poudreuse, l’installation de la tente ne prend que trois petits quarts d’heure. Et c’est en savourant un excellent vin chaud que nous faisons fondre la neige nécessaire à nos repas lyophilisés et nos thermos de boissons chaudes pour le lendemain.

Dans le canyon des Erges

Le thermomètre indique être descendu à -11°C durant la nuit. Des conditions assez confortables avec l’équipement dont nous disposons. Reste qu’une fois sortis des duvets, les brumes glaciales n’incitent pas à la flânerie. Le thé et les fruits secs sont rapidement avalés, l’équipement replié et c’est reparti. Nous nous engageons dans le canyon des Erges et très rapidement mes limites techniques se ressentent dans un terrain parfois cahotique, avec de brefs raidillons suivis de courtes pentes trop raides à mon goût. Ma pulka snowsled suit, bon an mal an, se renversant dans quelques dévers, m’attirant irrémédiablement vers l’arrière dans une ou deux pentes verglacées. Seul un court passage nécessitera de sortir la corde pour descendre pulkas et équipement, le reste de l’étape pouvant se faire sans quitter le harnais de traction.

L’ambiance brumeuse du matin laisse la place à un soleil pâle et c’est enfin le ciel bleu qui ressort victorieux quand nous atteignons la Jasse du Play. Il est encore tôt. Mais le beau temps revenu, la vue qui s’ouvre sur les crêtes d’un blanc étincelant et la beauté de cette clairière clairsemée de vieux pins tordus finissent de nous décider de poser notre second bivouac ici. Au silence du premier jour s’oppose les pépiements des mésanges, des pinsons, des roitelets et le chant des grives d’aujourd’hui. Avec les rayons du soleil, la nature reprend vie et nous nous laissons envahir par l’ambiance tandis que nos duvets s’aèrent au soleil.

Le chant du loup et de la chouette

Troisième jour, le vent s’est levé et on l’entend siffler sur les crêtes proches. Notre bivouac profite, lui, de l’abri des pins à crochets qui nous entourent. Régulièrement durant la nuit j’ai tendu l’oreille dans l’espoir d’entendre chanter les loups, bien présents sur ces hauts plateaux. Mais seules les chouettes Tengmalm ont animé l’obscurité de leur houpou-pou-pou-pou doux et mélodieux. Au petit matin, quelques traces dans la neige soulignent la visite nocturne ici d’un renard, là d’un lièvre. Il est temps pour nous de reprendre notre tracé, à la queue leu leu, toujours cap au Sud.

L’étape du jour s’assagit, le terrain redevient plus aisé. Nous alternons passages forestiers et traversées de grandes clairières qui ouvrent la vue sur les crêtes du Vercors. Notre avancée se mesure à notre position par rapport au Grand Veymont, droit devant, sur notre gauche et enfin derrière nous quand nous passons “la grande cabane”. Le beau temps et une trace bien marquée par d’autres skieurs nous offrent une orientation sans difficulté. Mais par d’autres conditions – faibles visibilité, chutes de neige – l’aventure pourrait rapidement devenir plus technique. Notre journée s’achève tranquillement autour de Pré Peyret. Depuis nos tentes nous admirons le Grand Veymont qui s’embrase au soleil couchant.

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Clap de fin

Dernier jour et courte étape qui doit nous conduire au col du Rousset. Le petit matin est glacial et le petit-déjeuner plus vite absorbé que jamais. Un dernier coup d’oeil aux crêtes à qui nous tournerons désormais le dos, et nous glissons cap à l’ouest. De la vue censée s’ouvrir au ponant nous ne verrons rien. Le brouillard avec lequel nous avions commencé l’aventure nous rejoint dès le milieu de matinée. Peu à peu les détails du paysage s’estompent et ce sont bientôt les arbres proches qui disparaissent comme dans un fondu enchaîné, clap de fin sur ce sublime itinéraire.

Carnet pratique – Grande traversée du Vercors à ski pulka

Quand effectuer la Grande traversée du Vercors à ski pulka ?

Avec des enneigements de plus en plus aléatoires, janvier-février semblent être les meilleurs mois pour envisager cette traversée. L’altitude (1500 – 1600 m) impose de bien se renseigner sur l’enneigement avant de partir pour éviter de grosses galères à tracter la pulka sur l’herbe et les cailloux !

Où dormir ?

Nous avons parcouru cette traversée en bivouac. Respecter la règle du camp posé à la tombée du jour et levé à l’aurore et sans laisser la moindre trace est la garantie que les suivants pourront, à leur tour, vivre cette expérience unique. Des cabanes non gardées permettent à ceux préférant un hébergement en dur de trouver leur bonheur. Attention, les places sont rares et l’itinéraire est parfois très fréquenté. Mieux vaut emporter une tente de secours même si vous prévoyez de dormir en cabanes.

Quelles difficultés ?

L’itinéraire ne présente pas de difficulté technique de ski – je suis objectivement un assez mauvais skieur ce qui ne m’a pas empêché d’effectuer cette traversée. Mais avec une pulka, il devient assez vite physique et si nous avions envisagé que chacun tirerait à tour de rôle, il est vite devenu évident que les petits gabarits ne pourraient y parvenir qu’au prix d’efforts considérables. Enfin, les conditions météo rapidement changeantes du massif, le tracé essentiellement forestier et l’absence de repères évidents justifient d’une bonne maîtrise et d’une bonne préparation de l’orientation pour éviter de se perdre dans les lapiaz ou en bord de falaise …

Grande traversée du Vercors à ski-pulka, comment y aller ?

Les bus www.transisere.fr desservent Corrençon en Vercors, départ possible pour cette traversée.

Quel équipement prévoir ?

Le traditionnel système trois couches vous permettra de vous adapter aux variations météo et de vous abriter du vent qui souffle régulièrement très fort et frais. Prévoyez un complément chaud (doudoune, collants) et un duvet hivernal pour le bivouac. Un bonnet et des gants secs sont bienvenus le soir. Retrouvez mes conseils pour réussir son bivouac hivernal.

Quelle faune ? Comment la préserver ?

L’itinéraire se déroule presque intégralement dans la Réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors qui représente les seuls 10% du territoire du Parc naturel régional du Vercors bénéficiant d’un statut de protection. Ces 17 000 hectares d’alpages et de forêts abritent la plupart des espèces montagnardes. En hiver, du côté des mammifères, l’écureuil, le lièvre variable, le chevreuil, le cerf, le chamois, le bouquetin et le loup sont présents et leurs traces régulièrement observées. Côté oiseaux, les espèces emblématiques sont l’aigle royal, le vautour fauve, le gypaète barbu, le lagopède alpin, la chouette chevêchette ou la chouette de Tengmalm. Tous ces animaux sont, en hiver plus que jamais, particulièrement sensibles au dérangement qui les oblige à fuir et à consommer de précieuses ressources d’énergies, mettant parfois leur survie en danger. Avec la multiplication des activités hivernales et l’augmentation du nombre de pratiquants, il est capital de respecter quelques règles de conduite, pour préserver la faune et pouvoir continuer à profiter de ces espaces en toute liberté.

  • lire les panneaux d’informations et de recommandations, respecter la signalisation sur place – la réserve a notamment balisé des zones de refuge hivernal pour le tétras lyre
  • rester impérativement sur les traces et itinéraires officiels pour que les animaux puissent trouver des zones de tranquillité, notamment en forêt qui constitue un espace refuge pour la faune.
  • éviter de se déplacer la nuit et éviter les zones déneigées où la nourriture est accessible

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