Entre Manaslu et Annapurna au Népal, la vallée de la Naar est une haute vallée isolée, peuplée d'habitants de culture tibétaine. Un itinéraire, connu sous le nom de trek de Naar et Phuu parcourt ces gorges jusqu'au camp de base d'Himlung (7126 m) et permet de rejoindre par le col du Kang (5306m) le village de Manang qui ouvre à son tour la voie vers d'autres vallées. Nous avions, pour notre part, choisi de poursuivre au-delà de Manang, marcher sur les traces du mythique récit de Maurice Herzog – Annapurna premier 8000 – et voulions atteindre, après une dizaine de jours de trek, le lac glaciaire de Tilicho puis poursuivre jusqu'au Mustang par le col de Mesokanto (5120m). Mais la météo allait en décider autrement et profondément boulerverser nos plans. Voici notre récit.
J1 : Jagat – Dharapani (1885m)
+ 939 m / – 350 m 19 kmC'est après une longue journée en véhicule tout terrain que nous avons atteint, la veille et à la nuit tombée, le petit village de Jagat. Le trek de Naar et Phuu démarre officiellement plus haut dans la vallée, au village de Koto. Mais commencer à Jagat permet une acclimatation douce, en empruntant un tronçon du Tour des Annapurna. Un petit pain tibétain arrosé de miel en guise de petit déjeuner, réchauffés par un thé chaï aux parfums de cardamome sauvage, nous nous mettons en chemin. Le soleil se lève à peine et éclaire, devant nous, le sommet des hautes falaises verticales qui forment la vallée étroite au fond de laquelle nous sommes. Au fond, coule un torrent dont le tumulte envahit l’atmosphère.
Nous abandonnons rapidement la piste pour un sentier rejoint par un pont suspendu au-dessus de la rivière Marshyangdi. Le chemin remonte le cours d’eau en rive gauche, se frayant un passage entre bambous géants et grands arbres chargés d’épiphytes. Quelques singes langur se laissent observer à proximité du sentier. Nous sommes aux environs de 2000 mètres d’altitude, la température, en cette fin d’octobre flirte encore avec la trentaine de degrés. Les cigales en profitent et remplissent l’air de leurs stridulations métalliques. Nous gagnons de l’altitude par de courtes, mais raides, volées d’escaliers. Nous voici au hameau de Tal. Nous nous y arrêtons pour déguster notre premier Dhal Bat, plat national népalais composé de riz et lentilles, agrémenté d’achards, de légumes au curry et de pommes de terre. La suite de l’étape rejoint Dharapani par la piste, le sentier étant désormais condamné par la poursuite de la construction de la route.
J2 : Dharapani – Koto (2620m)
+ 1025 m / – 253 m 17,5 kmL’étape qui relie Dharapani à Koto, essentiellement sur piste, pourrait ne laisser que le souvenir désagréable de la poussière et des véhicules. Mais voilà, il y a ces vues incroyables sur les 8000 mètres étincelants de blancheur. Derrière nous se dresse le Manaslu et devant, l’Annapurna II. Rares sont les endroits qui offrent une telle proximité avec le toit du monde et des panoramas aussi inouïs. Et puis cette journée est aussi l’occasion de voir apparaître, au fur et à mesure que l’on gagne de l’altitude, les premiers signes de culture tibétaine, grands drapeaux à prière verticaux, chortens peints de blanc, d’ocre et de noir, typiques de la tradition Sakyapa. L'école Sakya est une des plus ancienne du bouddhisme tibétain, présente également au Mustang et au Dolpo. Enfin, apparaissent aussi les premiers signes d’une activité rurale, récolte du sarrasin, soin des vaches ou bien encore menuiserie traditionnelle.
J3 : Koto – Meta (3650m)
+ 1300 m / – 240 m 17 kmNotre itinéraire quitte aujourd'hui le tracé du Tour des Annapurnas. Nous nous engageons dans la vallée sauvage et resserrée de la Naar Kohla, dominée par des parois verticales de plusieurs centaines de mètres ; le décor est impressionnant ! Le sentier, confortable, serpente dans une magnifique forêt composée de pins, d’épicéas et d’ifs majestueux. Des ponts suspendus permettent de passer d’une rive à l'autre, au gré des exigences du terrain et rythment notre progression. Les pépiements de jolies mésanges huppées à ventre roux et les jacassements des casse-noix accompagnent nos pas tout au long de cette très longue journée, entièrement consacrée à remonter la vallée et gagner les 1000 mètres de dénivelés qui nous séparent de Meta, hameau où nous passerons la nuit. Bien fatigués par l’effort et le gain d’altitude, il ne nous faut pas longtemps pour nous glisser dans nos duvets bien chauds.
J4 : Meta – Kyang (3890m)
+ 750 m / – 420 m 12 kmCette quatrième étape, plutôt courte, doit permettre à nos organismes de s’acclimater en douceur après le gain d’altitude très important de la veille. Un vent glacial nous saisit à la sortie de notre chambre et nous impose d’enfiler vestes, gants et bonnets. Nous quittons Meta sous le regard curieux d’un gypaète qui nous survole à moins de 15 mètres de hauteur, spectacle incroyable ! Nous poursuivons la remontée de la Naar Kohla, en rive gauche, sur un chemin en balcon offrant des vues exceptionnelles. La pinède/pessière de la veille cède place à une forêt clairsemée de cyprès monumentaux et de prairies ponctuées de buissons d’épine-vinettes et de rosiers sauvages. L’étape est sans difficultés et nous atteignons, en moins de quatre heures, le chorten qui domine le village. Quelques maisons rassemblées sur un petit plateau suspendu et ceint de hautes falaises, quelques habitants et caravaniers avec leurs mules et chevaux, un troupeau de yak, voici Kyang.
J5 : Kyang – Phu (4080 m)
+ 350 m / – 160 m 10 kmC’est encore une étape courte qui nous attend aujourd'hui et doit nous permettre d’atteindre les 4000 mètres d’altitude. Nous nous engageons dans la vallée toujours plus resserrée. La météo a changé et le ciel gris remplace peu à peu le bleu profond des ciels d'altitude. Un vent rageux confére une athmosphère austère à cette étape. Le sentier s'élève au-dessus de la rivière et offre des points de vue vertigineux sur son cours torrentueux. Pigeons des rochers, craves à bec rouge et chocards virevoltent dans le ciel, bousculés par les rafales de vent. Et en parlant de bousculade, c’est celle d’un troupeau de yaks arrivant au trot face à nous qu’il nous faut éviter en profitant d’une anfractuosité de la roche. La fatigue liée à l’altitude se fait sentir, les raidillons nous mettent plus rapidement à bout de souffle.
Mais voici déjà les premières maisons de Phu. Le village étagé en gradins, en arc de cercle, a conservé son architecture traditionnelle tibétaine : maisons de pierre sèche à toit plat, resserrées les unes contre les autres et dominées par l’ancienne gompa (monastère). Nous profitons de la fin de journée pour nous promener dans les rues étroites, observer les habitants qui s'affairent aux tâches quotidiennes, échanger quelques mots et sourires avec eux.
J6 : Phu – Chyako (3829 m)
+ 459 m / – 688 m 16,5 kmÉmergeant de nos sacs de couchage, nous sommes frappés de l’inhabituel silence qui règne. Un rapide coup d’œil par la fenêtre dévoile un village couvert d’une vingtaine de centimètres de neige tombée la nuit et un ciel blanc déversant de gros flocons. Le cyclone Montha a vaincu la barrière himalayenne et déverse ses précipitations sur la région, habituellement très sèche. Les prévisions météo sont plutôt alarmantes et laissent imaginer au moins trois jours de très mauvais temps et des chutes de neige cumulées très importantes. Il nous faut renoncer à monter à l’Himlung base camp qui était notre programme du jour. Autour du petit poêle, où flambent les bouses de yaks, la discussion des guides s’anime et finalement converge vers une même décision : quitter Phu, redescendre au plus vite avant que l’accumulation de neige ne rende le sentier étroit, en balcon, et exposé à quelques couloirs avalancheux trop dangereux. C’est donc sous de gros flocons, dans un paysage méconnaissable, que nous prenons, à rebours, notre parcours de la veille, jusqu'à atteindre le hameau de Chyako, peu après Kyang.
J7 : Chyako – Naar (4217 m)
+ 792 m / – 374 m 11,7 kmEn ce septième jour de trek, nous peinons à nous avouer que le parcours initialement prévu, qui devait relier la vallée de Naar à Jomsom par les cols du Kang (5306m) et du Mezokanto (5300m) a été balayé par le cyclone Montha. Comme pour mieux le réaliser mais aussi pour découvrir le plus haut village permanent du Népal, nous décidons de grimper jusqu'à Naar. Depuis Chyako, le sentier descend tranquillement à travers les cyprès, silhouettes fantomatiques couvertes de neige. Un pont suspendu nous permet de franchir la Naar Kohla dans un univers de poudingues, ces roches composées de sédiments de rivière à peine cimentés ensemble par des sables. Le monastère de Naar phedi, adossé à plus de mille mètres de falaise, accueille une brève pause. Autour, les grands vautours himalayens planent sans effort ou se posent sur les rochers qui nous dominent. Redescendus à 3550m pour franchir la rivière, il nous faut désormais grimper plus de 700 mètres de sentier raide. Les cuisses tirent, le souffle est court mais les panoramas qui s’ouvrent sur la vallée, le monumental chorten-porte et l’exceptionnel alignement de chortens sur notre route méritent amplement ces efforts.
Nous découvrons Naar après une dernière demi-heure parcourue dans un vallon enneigé. Dans le village, la neige a envahi les rues. Humains, chevaux et chiens s’y déplacent avec difficulté, chacun s’affairant au plus pressé ; s’abriter, se nourrir. Les gompas, réputées d’une grande valeur historique, restent closes, les lamas ayant rejoint de grandes cérémonies plus bas dans la vallée. Partout autour, la neige a tout enseveli et le Kang La reste masqué par le rideau de neige qui tombe. Le col est bien infranchissable et le programme du lendemain consistera en une prudente redescente.
J8 : Naar – Chhomche gufa (2984 m)
+ 274 m / – 1505 m 14 kmAprès le traditionnel pain et thé tibétains pris pour le petit déjeuner, nous échangeons longuement avec une trekkeuse allemande. Aussi désespérée que nous de voir son programme remis en cause, elle partage les dernières nouvelles : les autorités – pour des raisons évidentes de sécurité – ont suspendu les permis de trek de la région, signant le clap de fin de notre présence dans la région. Un grand chien tibétain accompagne notre descente sur un sentier d’abord glissant puis plus confortable. Perdant de l’altitude la neige se transforme en pluie. L’intensité des précipitations, s’accroissant avec les heures, ne nous fait guère regretter notre décision et c’est dans un petit lodge très sommaire, niché dans la forêt que nous trouvons refuge pour une nuit sous le signe de précipitations diluviennes.
J9 : Chhomche gufa – Koto (2620 m)
+ 249 m / – 577 m 9 kmSeules deux heures et demie de marche nous séparent de Koto et de la piste reliant Besishahar. Un véhicule réservé par notre guide nous y attend pour quitter au plus vite la région. C’est que cette pluie abondante a, ici, pour conséquence de provoquer des glissements de terrain et nous pourrions rester longuement coincés. Déçus de n’avoir pu boucler notre trekking de Naar et Phu, nous mesurons néanmoins notre chance de pouvoir rebondir sur un nouveau programme, le trek de Khopra que nous propose Benoît, notre réceptif de Nepatrek, tandis que nous laissons, derrière nous, un groupe parti avec une grande agence française coincé depuis trois jours à Koto, sans plan B.
Notre avis sur le trek de Naar et Phuu
On a aimé
- les paysages exceptionnels de diversité et de majesté
- les villages de Naar et Phu, à l'architecture et culture tibétaine typiques
- la qualité des sentiers
- les lodges, sommaires mais toujours propres et avec une bonne literie
- les dahl bat, variés et généreux
- les rencontres avec les habitants
- la faune riche, avec de nombreuses espèces d'oiseaux et de grands troupeaux de grands bharals
- une fréquentation raisonnable (on est loin de la foule du tour des Annapurnas)
On a moins aimé
- L'approche entre Jagat et Koto sur un tronçon essentiellement dévoré par la piste carrossable
Carnet pratique
Quand y aller ?
La vallée de Naar et Phu est accessible à la pré-mousson (mars-mai) et à la post-mousson (octobre-décembre). La première période est idéale avec des températures clémentes, un ciel généralement dégagé et une végétation qui reverdit. Les rhododendrons visibles sur les premières étapes fleurissent en avril-mai, offrant un spectacle magnifique. La saison post-mousson offre quant à elle une excellente visibilité sur les sommets, une météo plus stable et un climat sec. Les températures peuvent être fraîches la nuit, surtout en altitude.
A la mousson (juin-septembre), tout comme au cœur de l’hiver (fin décembre à février), les sentiers sont impraticables et dangereux et certains villages désertés.
Comment y aller ?
De nombreuses compagnies desservent l’aéroport international de Katmandou, notamment via Delhi, Doha ou Istanbul. Cet aéroport constitue le point d’entrée international unique du pays. Pour atteindre le départ du trek, nous ne pouvons que vous conseiller de privilégier les voies terrestres. Le voyage pour se rendre, en bus touristique ou jeep privée, de Katmandou à Besisahar (6-7h) puis jusqu'à Jagat (3h) reste une aventure en soi, a fortiori quand les conditions météorologiques se dégradent. Mais il faut garder en tête que s’y rendre par un vol interne via Pokhara ne permet pas d’éviter les sections de piste les plus dures et que toutes les compagnies népalaises sont sur liste noire de l'UE en matière de sécurité.
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Topo sur les permis
Plusieurs permis et diverses formalités (listés plus bas) sont obligatoires pour effectuer le trek de Naar et Phu en conformité avec les obligations du pays. Les autorités népalaises sont particulièrement strictes avec ces conditions, dont le respect est contrôlé lors de divers passages de check-points. Le non-respect fait encourir un risque de forte amende et de bannissement du pays pendant plusieurs années. Il est d'autant plus important de bien se conformer aux règles en vigueur qu'en cas de souci exigeant un secours héliporté, l'hélicoptère ne sera autorisé à décoller que si les permis des personnes à secourir sont en règle.
Permis ACAP, délivré par le Nepal Tourism Board. C’est le permis d’accès valable pour toute entrée dans la vaste Zone de Conservation des Annapurna (ACAP) qui couvre plusieurs grands treks (Tour des Annapurna, Balcon des Annapurna, Camp de Base de l'Annapurna, Mustang, Naar Phu). D’un montant d’une vingtaine de dollars US par personne, il s'applique pour chaque entrée dans la zone, sans limitation de durée de séjour.
Naar Phu Special Permit, délivré par le Department of Immigration. L’accès à la vallée de la Naar, au même titre que celui aux régions du Mustang, du Manaslu, du Kangchenjunga ou du Dolpo, impose un permis spécial qui ne peut être obtenu que via une agence Népalaise agréée. Ce permis est délivré aux conditions d'être accompagné d'un guide agréé et de faire partie d'un groupe d'au moins 2 personnes. Une tolérance existe sur cette dernière exigence pour les personnes seules avec un guide qui peuvent entreprendre le trek au Népal : Naar et Phu, en payant 2 fois leur permis. Le tarif du permis varie selon les périodes d’affluence touristique, de septembre / novembre – 100 USD pour 7 jours de droit, de décembre / août – 75 USD pour 7 jours de droit puis 15 USD par jour supplémentaire au-delà de 7 jours. Ce permis ne permet une entrée dans la zone qu'à une date et pour une durée précise.
Avec qui partir ?
Nous avons entrepris ce trek avec l’agence locale Nepatrek, gérée par Pasang (népalaise) et son époux Benoît (français). Leur double culture offre à la fois une grande sérénité côté administratif et sécurité, une très bonne connaissance locale et compréhension de nos attentes et modes de fonctionnement d'occidentaux.
Pourquoi passer par Nepatrek plutôt que directement un guide indépendant ? Un guide indépendant devra, pour obtenir les permis, passer par une agence agréée, ce qui revient donc au même. Ou plutôt non, passer par un guide indépendant vous privera, en cas de souci de santé, d’aléa météo grave, de l’appui d’une agence basée à Katmandou et pouvant gérer, pour vous, formalités et secours.
Nepatrek mettra à votre disposition, un guide agréé expérimenté, que vous choisirez anglophone ou francophone selon vos goûts. Vous pourrez éventuellement envisager la présence de porteurs pour ne randonner qu’avec un sac contenant vos affaires pour la journée. Un choix qui permet non seulement de profiter davantage du trek mais aussi de maintenir des emplois locaux, le portage étant une tradition ancrée dans la culture népalaise. Avec Nepatrek, vous vous assurez de respecter la santé des porteurs avec des charges limitées à 20 Kg par porteur, incluant vos affaires et les siennes. L’accès à ce trek en autonomie n’est pas autorisé, ni d’ailleurs recommandable du fait de la haute altitude et de l’isolement de certaines sections.
Cartes
- Naar Phu Valley 1:50000 édition Schneider
- Naar Phu (Annapurna) the lost valley 1:60.000 éditions Himalayan MapHouse – Nepal
Parcours et difficultés
Le parcours officiel, jusqu'à Manang est long d'environ 110-120 km sur une durée de 12-16 jours selon le rythme et les étapes d'acclimatation.
Difficultés principales : Les sentiers sont très bien conçus et stables. Mais nous sommes en montagne et une dégradation météo peut vite transformer un passage facile en passage délicat voire impossible. C'est le cas du col du Kang La (5 320 m), qui relie les villages de Naar et de Phu à la vallée principale de Manang, point culminant du trek et, réputé difficile techniquement en cas de neige, mais aussi de nombreux passages dans la vallée que des précipitations importantes soumettent aux risques de glissements de terrain ou d'avalanches.
Où dormir ?
Il y a des guest-house dans chaque hameau, avec différents niveaux de confort. Certaines proposent des chambres avec “salles de bain” (toilettes et robinet, voire douche avec ou sans eau chaude), d’autres des sanitaires extérieurs. Les guest house proposent le WIFI (avec des tarifs qui suivent l’élévation en altitude). Il existe quelques zones de camping à certains endroits, mais la très grande majorité des trekkeurs vont de guest-house en guest-house. Le bivouac a progressivement disparu de la zone.
S'approvisionner en eau et nourriture
L’eau est présente partout, mais elle doit être traitée (relisez nos conseils pour traiter et filtrer l'eau en randonnée). La cuisine servie dans les guest house est assez incroyable : une carte diversifiée, beaucoup de légumes, le tout très bien cuisiné. On y trouve le plat local, le Dal bhat, qui est vraiment une bonne option quand on a faim (on est resservi jusqu’à satiété).
Quelles précautions de sécurité et santé ?
Comme pour tout séjour en haute altitude, on ne peut que recommander au trekkeur d'effectuer préalablement une consultation de médecine de montagne et un test à l’hypoxie dans un centre adapté . Cette consultation permet de mieux connaître ses prédispositions génétiques à une bonne acclimatation à l'altitude et d’évoquer, avec le médecin, le parcours d'acclimatation prévu pour éviter le mal aigu des montagnes . Le MAM continue à faire de nombreuses victimes chaque année, nous l'avons malheureusement constaté sur notre parcours ! Pas de vaccinations obligatoires, cependant, il est recommandé d’être à jour des vaccins et rappels hépatites A et B, rage et typhoïde. La présence de troupeaux, même à haute altitude, impose de traiter l'eau, y compris contre les virus. On restera vigilant sur la consommation de fruits non pelés et crudités, même si toutes les guest house fréquentées ont clairement été formées pour la préparation des repas à de (fragiles) estomacs de touristes. Prévoyez une trousse de premiers secours complète, ainsi que des médicaments permettant de parer aux urgences (troubles intestinaux, infections, douleurs et fièvres …). Enfin, il est fortement recommandé de vérifier la qualité de sa couverture d'assurance quand on entreprend ce type de trek. Les secours héliportés et frais de recherches peuvent s'élever à plusieurs milliers de dollars.
Quel équipement prévoir
Vêtements. La grande variabilité des conditions météo impose de prévoir un équipement quatre saisons. Le traditionnel système trois couches, pour le haut du corps, complété par un pantalon et un bas étanche restent la base permettant de vous adapter aux variations météo. Vous y ajouterez une protection pour la tête (bonnet et chapeau) et les mains ainsi que de bonnes chaussures de randonnée. Pensez également aux lunettes de soleil (catégorie 4) et à la crème solaire. Une doudoune chaude est indispensable, y compris si vous êtes en guest-house car elles sont peu, voire pas, chauffées.
Une
Matériel. Un sac de couchage suffisamment chaud, pour supporter confortablement des températures autour de – 15°c à certaines altitudes, est indispensable, y compris dans les guest house. Pour ceux qui souhaitent expérimenter le bivouac, il faut un équipement sérieux au regard des conditions météo changeantes et des passages en haute altitude (tente 4 saisons, matelas isolé, sac de couchage – 15°c minimum). Les bâtons de marche et des crampons légers comme nos Petzl leopard complèteront votre équipement, ainsi qu’une lampe frontale et des batteries de rechange.
Voyager responsable
Bien-être des personnes
Les guides et porteurs, bien que plus habitués que nous à des conditions de vie et de météo difficiles, n’en méritent pas moins toute notre attention. Vérifier, en début de trek, que leur charge n'est pas excessive et que leur équipement est approprié (sac de couchage et vêtements adaptés au climat, chaussures de marche, …) est important afin de ne pas les mettre en danger. Il peut être intéressant d’emmener avec soi des vêtements ou du matériel en bon état dont on n’a plus l’utilité pour compléter leur équipement.
Transports
Se rendre au Népal va grever votre bilan carbone, c’est d’autant vrai qu’il n’existe que peu de vols directs (moins impactants que les vols avec escale) et que les tarifs les rendent inaccessibles à la plupart des trekkeurs. Raison de plus pour profiter pleinement de ce voyage en s’offrant un séjour long, avec plusieurs treks, des visites culturelles ou de parcs nationaux … Raison de plus également pour prendre le temps de se déplacer une fois arrivé au Népal, par voie terrestre et, dans la mesure du possible, en utilisant les transports locaux plutôt que les transferts privés.
Déchets/polluants
On ne vous fera pas l’affront de vous dire de ne rien jeter dans la nature, ni de vous suggérer de prévoir un petit sac pour récupérer les plastiques abandonnés par vos prédécesseurs. Mais on vous rappellera que la gestion des déchets est un enjeu majeur pour lequel les communautés locales n’ont pas beaucoup d’options, hormis de les brûler, ce qui génère une pollution dramatique pour la santé locale. Laisser ses déchets dans les guest-houses n’est donc pas une solution. L’idéal est de tout ramener en occident où nous disposons des moins mauvais systèmes de traitement. On les ramènera, a minima, à Katmandou. Les piles, batteries et médicaments hors d'usage, déchets hautement toxiques doivent, eux, impérativement revenir en Europe et ce n’est pas négociable !
D'autres déchets, ceux que nous laissons après avoir fait nos besoins, ont aussi un impact important dans ces environnement de haute altitude. Faire ses besoins en profitant des wc des guest-houses est l’idéal. Pour les urgences en cours de chemin, on s’éloignera des cours d’eau d’au moins cent mètres. On enterre ses déjections et on brûle ou mieux on remporte son papier toilette dans un ziploc ad hoc.
L'usage de pastilles ou de filtre à eau permet d'éviter la consommation d'eau en bouteille et la production de déchets plastiques. Nous avons utilisé notre MSR Guardian tout au long de notre séjour au Népal, de Katmandou jusque lors de nos treks, sans aucune difficulté. Utiliser des produits d’hygiène labellisés bio réduit la pollution des eaux et des sols. Nous avons, pour notre part, choisi le savon 5 en 1 et le dentifrice solide Sloé. Marque française qui produit à Lyon, de manière éthique, avec des ingrédients vegan, bio et dans des conditionnements sans plastiques.
Faune et flore
Rester discret, ne pas cueillir la flore sauvage, ne pas approcher la faune, ne pas faire de feux sont des règles de base pour profiter durablement de la nature. Ici, à très haute altitude, tout dérangement se traduit par une réduction drastique des chances de survie. Amener avec soi une paire de jumelles pocket https://www.i-trekkings.net/articles-outdoor/comment-bien-choisir-ses-jumelles-de-randonnee/ accroît les chances d’observations et minimise les interactions négatives. Les plus passionnés gagneront à emmener une lunette pocket comme la Swarovski ATC 56 https://www.i-trekkings.net/test-outdoor/test-lunette-d-observation-swarovski-atc-56/ . Avec un peu de persévérance vous pourrez observer, comme nous, de nombreux gypaètes, vautours de l’Himalaya, aigles royaux et de grandes hardes de bharals aussi appelés mouflons bleus. La panthère des neiges est réputée vivre dans la vallée et les mouflons constituent un bon point de départ pour commencer à scruter les pentes avoisinantes.
Culture et éthique
La vallée de la Naar kohla accueille une population de culture bouddhiste tibétaine (lamaiste) dont les habitudes peuvent différer des nôtres et même de celles des villes. Certaines attitudes seront considérées, par les habitants, comme des marques de respect. Ainsi les chortens et les murs à prières se contournent toujours par la gauche. Bien qu’habitués à être photographiés, les habitants apprécient qu’on leur demande l'autorisation au préalable. Il en est de même pour photographier les intérieurs de maisons ou des monastères. Enfin, sachez qu’avoir bras et jambes nus (on ne parle pas du reste !) est considéré comme offensant. Alors certes les habitants en voient à longueur de saison de trek mais à vous de voir si vous souhaitez être classé parmi les rustauds sans manières 😉
Que faire d’autre après le trek de Naar et Phu ?
Visiter Pokhara et sa région
Point de passage quasi obligatoire en repartant de votre trek, la ville de Pokhara est la deuxième plus importante du pays. Située au bord d’un joli lac d'altitude, elle est connue pour le quartier de Lakeside, un endroit agréable où flâner au bord de l'eau et visiter quelques unes des innombrables boutiques. Mais pour les curieux, Pokhara offre bien plus à faire, comme par exemple découvrir l’extraordinaire temple de Gupteshwor Mahadev, construit en colimaçon autour d’une grotte sacrée où se précipite une cascade torrentielle.
Découvrir la vallée de Kathmandou et les anciennes cités royales
La vallée est d'une grande richesse culturelle et mérite, a minima de prendre un peu de temps pour découvrir :
Bhaktapur : la ville entière est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, elle est célèbre pour son architecture en briques rouges, ses sculptures sur bois et sa place du palais
Patan : une ville d’artisans spécialisés dans le travail du métal. La place du Palais, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, est un chef-d'œuvre de l'architecture newar. Elle regroupe une concentration impressionnante de temples et de palais. Le musée de Patan vaut vraiment le détour.
Kathmandou : la place du palais, également classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, vaut la visite. Les sites bouddhistes et hindous également : Swayambhunath (temple des Singes), Boudhanath Stupa (centre de pèlerinage pour les bouddhistes tibétains), Pashupatinath (temples et sites de crémation hindous). Thamel, quartier mythique de la Katmandou des soixante huitards et des trekkeurs a indéniablement perdu de son âme et de son charme. On ne vous le conseille donc qu’à petite dose, il y a mieux à faire.
Observer la faune des grands parcs nationaux
Le pays offre également de fantastiques parcs nationaux. Nous avons passé quelques jours dans celui de Chitwan, dans le sud central (Terai). Particulièrement réputé pour ses populations de rhinocéros unicorne, de tigre du Bengale et de crocodile gavial, on peut y observer également l’éléphant d’Asie, le cerf axis, des sangliers, macaques et singes langurs. Si certaines portions peuvent être parcourues en safari à pieds, l’essentiel du parc se découvre en 4×4 aménagés qui offrent plus de chances de voir ces espèces ainsi qu’ours, tigres ou gaur. Nous avons rayonné dans le parc au départ de deux lodges. Le premier, l’Into the Wild Eco resort, à Bhâratpur, est un lodge confortable, aux standards occidentaux et qui offre une fantastique terrasse d’où observer la faune venant s’abreuver dans la rivière Rapti. Le second, Shanta Ghar : a Rustic Guesthouse, est situé dans la vallée de la Madi. On est logé dans une maison traditionnelle, accueilli dans la famille même du guide qui vous accompagne la journée dans le parc national. L’expérience est humainement très riche et offre des moments de partage intense de la culture Tharu.
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